PFU ou barème
Arbitrer la flat tax et le barème sur dividendes et intérêts.
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Une plus-value mobilière est le gain réalisé lorsqu'un particulier vend des valeurs mobilières (actions, obligations, parts de fonds) ou des droits sociaux pour un prix supérieur à leur prix d'acquisition. Hors enveloppes spécifiques comme le PEA ou l'assurance-vie, ce gain relève des articles 150-0 A et suivants du Code général des impôts : il est taxé l'année de la cession, au prélèvement forfaitaire unique (PFU) ou, sur option, au barème progressif. Le sujet paraît mécanique ; il ne l'est pas. La hausse des prélèvements sociaux votée fin 2025, les abattements réservés aux titres achetés avant 2018 et le report des moins-values sur dix ans font de chaque cession significative sur compte-titres un vrai sujet de conseil.
Le régime de l'article 150-0 A du CGI vise les gains nets retirés par un particulier, dans le cadre de la gestion de son patrimoine privé, de la cession à titre onéreux de valeurs mobilières et de droits sociaux. Concrètement, il s'applique aux ventes d'actions cotées ou non cotées, d'obligations, de parts d'OPC (SICAV, FCP, ETF) et de parts de sociétés soumises à l'impôt sur les sociétés, dès lors qu'elles sont détenues en direct ou sur un compte-titres ordinaire (CTO).
Depuis 2014, il n'existe plus de seuil de cessions en dessous duquel la plus-value serait exonérée : le premier euro de gain est imposable. Le fait générateur est la cession (vente, échange, apport, rachat de titres par la société), pas la simple hausse de valeur. Une plus-value latente n'est donc pas taxée, sauf cas particuliers comme l'exit tax en cas de transfert du domicile fiscal.
Plusieurs gains relèvent d'autres régimes et ne doivent pas être confondus :
| Support ou opération | Régime applicable | Pour aller plus loin |
|---|---|---|
| Compte-titres ordinaire, titres détenus en direct | Plus-values mobilières (art. 150-0 A et 150-0 D du CGI) | Cet article |
| PEA | Gains taxés lors d'un retrait, avec exonération d'impôt sur le revenu après cinq ans ; prélèvements sociaux dus | PEA ou compte-titres |
| Assurance-vie, contrat de capitalisation | Fiscalité des rachats (art. 125-0 A du CGI), prélèvements sociaux restés à 17,2 % | Rachats d'assurance-vie |
| Crypto-actifs | Régime propre (art. 150 VH bis du CGI), sans imputation croisée avec les valeurs mobilières | Crypto-actifs et patrimoine |
| Actions gratuites, BSPCE, stock-options | Gain d'acquisition ou d'exercice soumis à des règles spécifiques, plus-value de cession ensuite | BSPCE et actions gratuites |
Ce périmètre compte en rendez-vous : un client qui « a fait 30 000 € de plus-values cette année » a souvent mélangé un PEA, un CTO et un contrat d'assurance-vie. Seule la fraction réalisée sur le CTO entre dans le calcul qui suit.
La formule de base est simple : plus-value = prix de cession − prix d'acquisition. Les difficultés tiennent à ce que l'on met dans chacun des deux termes.
Exemple. Un client a acheté 100 actions d'une même société à 50 € en 2015, puis 100 autres à 70 € en 2019, frais compris. Son PMP est de (5 000 + 7 000) / 200 = 60 €. S'il vend 150 actions à 90 € nets de frais en 2026, sa plus-value est de 150 × (90 − 60) = 4 500 €, quel que soit le lot qu'il pense avoir vendu.
Le PMP fixe le montant du gain. La durée de détention, utile pour les abattements, se décompte titre par titre : la doctrine administrative considère que les titres cédés sont les plus anciens (BOI-RPPM-PVBMI-20-20-20-20). Dans l'exemple, les 150 titres vendus comprennent donc les 100 actions de 2015, éligibles aux abattements, et 50 actions de 2019, qui ne le sont pas.
Depuis 2018, les plus-values mobilières relèvent par défaut du prélèvement forfaitaire unique (article 200 A du CGI) : un taux fixe de 12,8 % d'impôt sur le revenu, sans abattement. S'y ajoutent les prélèvements sociaux, dont le taux global est passé de 17,2 % à 18,6 % avec la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025), qui porte la CSG sur ces revenus de 9,2 % à 10,6 %.
Point d'attention : pour les plus-values de cession, cette hausse s'applique aux cessions réalisées dès le 1er janvier 2025, et non seulement à partir de 2026 comme pour les dividendes et intérêts. Les revenus fonciers, les plus-values immobilières et les produits d'assurance-vie restent en revanche à 17,2 %. Un client qui a vendu des actions en 2025 découvrira donc un taux global de 31,4 % sur son avis d'imposition 2026.
Contrairement aux dividendes et aux intérêts, les plus-values ne subissent aucun prélèvement à la source : l'impôt et les prélèvements sociaux sont réglés l'année suivante, via l'avis d'imposition. Pour un client qui cède un portefeuille important, c'est une question de trésorerie à anticiper.
Le contribuable peut renoncer au PFU en cochant la case 2OP de sa déclaration : ses plus-values sont alors ajoutées au revenu imposable au barème progressif. Cette option a deux contreparties :
Pour un client dont la tranche marginale d'imposition (TMI) est de 0 % ou 11 %, l'option est souvent gagnante même sans abattement. Au-delà, tout dépend de la date d'acquisition des titres et du reste des revenus du capital de l'année. Notre guide PFU ou barème sur les revenus mobiliers détaille l'arbitrage côté dividendes et intérêts.
Dates d'acquisition, prix de revient, moins-values reportables, TMI du foyer : la Suite Majors® réunit les comptes agrégés, les IFU et le recueil patrimonial dans le dossier du client, et son simulateur d'impôt sur le revenu aide à comparer PFU et barème. Dès 50 €/mois, sans engagement.
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L'abattement pour durée de détention réduit la part de la plus-value soumise à l'impôt sur le revenu en fonction du temps pendant lequel les titres ont été conservés. Depuis la réforme de 2018, il n'existe plus que sous deux conditions cumulatives, rappelées par impots.gouv.fr : des titres acquis ou souscrits avant le 1er janvier 2018, et une option pour le barème progressif.
| Durée de détention | Abattement de droit commun | Abattement renforcé (PME de moins de 10 ans) |
|---|---|---|
| Moins de 1 an | 0 % | 0 % |
| De 1 an à moins de 2 ans | 0 % | 50 % |
| De 2 ans à moins de 4 ans | 50 % | 50 % |
| De 4 ans à moins de 8 ans | 50 % | 65 % |
| 8 ans et plus | 65 % | 85 % |
L'abattement renforcé concerne principalement les titres de PME souscrits ou acquis dans les dix ans de leur création, sous conditions. Il ne se cumule pas avec l'abattement fixe de 500 000 € réservé aux dirigeants qui cèdent leur société en partant à la retraite.
Deux limites doivent être expliquées au client. D'abord, l'abattement ne réduit que l'impôt sur le revenu : les prélèvements sociaux restent calculés sur la plus-value entière. Ensuite, le montant de l'abattement est réintégré dans le revenu fiscal de référence, ce qui peut faire franchir les seuils de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR).
Prenons un client qui vend en 2026 des actions acquises en 2012 pour 40 000 €, cédées 100 000 € nets de frais. La plus-value est de 60 000 €, détenue depuis plus de huit ans : abattement de 65 % en cas d'option, soit 21 000 € imposables au barème. On suppose qu'il n'a pas d'autres revenus du capital dans l'année et que la plus-value ne change pas sa TMI.
| TMI du foyer | PFU (12,8 % + 18,6 %) | Barème : IR après abattement | Prélèvements sociaux | Économie liée à la CSG déductible (année suivante) | Total barème |
|---|---|---|---|---|---|
| 11 % | 18 840 € | 2 310 € | 11 160 € | − 449 € | 13 021 € |
| 30 % | 18 840 € | 6 300 € | 11 160 € | − 1 224 € | 16 236 € |
| 41 % | 18 840 € | 8 610 € | 11 160 € | − 1 673 € | 18 097 € |
| 45 % | 18 840 € | 9 450 € | 11 160 € | − 1 836 € | 18 774 € |
Calculs : PFU = 60 000 × 31,4 % ; IR au barème = 21 000 × TMI ; prélèvements sociaux = 60 000 × 18,6 % ; CSG déductible = 60 000 × 6,8 % = 4 080 €, dont l'économie est estimée à la même TMI l'année suivante. Hors CEHR et hors effet de la décote ou du quotient familial.
La lecture est contre-intuitive : avec un abattement de 65 %, l'option pour le barème reste favorable jusqu'à une TMI de 41 %, et l'écart devient négligeable à 45 %. Mais ce résultat ne vaut que pour ce gain isolé. Si le même foyer perçoit 30 000 € de dividendes ou d'intérêts, l'option globale les fait aussi basculer au barème, et la conclusion peut s'inverser. Le calcul doit toujours être fait sur l'ensemble des revenus du capital de l'année.
Une moins-value mobilière est la perte constatée lorsqu'un titre est vendu en dessous de son prix d'acquisition. L'article 150-0 D, 11 du CGI fixe trois règles :
Exemple. Un client a constaté 8 000 € de moins-values en 2024, non utilisées. En 2026, il réalise 20 000 € de plus-values. La plus-value nette imposable est de 12 000 €, et c'est sur ce montant que s'appliquent le PFU ou, en cas d'option, l'abattement puis le barème. Sans imputation, il aurait payé 2 512 € de plus au PFU (8 000 × 31,4 %).
Les pièges les plus fréquents en cabinet :
Le CGI prévoit aussi des cas où une perte peut être constatée sans cession, notamment l'annulation de titres consécutive à certaines procédures collectives (article 150-0 D, 12). Ces situations se vérifient au cas par cas, avec le client et son expert-comptable.
La plus-value se déclare au printemps de l'année suivant la cession. Trois situations se présentent, selon la documentation de l'administration fiscale :
| Situation du client | Documents | Points de contrôle |
|---|---|---|
| Un seul établissement, calcul fait par la banque, pas de moins-value antérieure | IFU, puis report sur la déclaration 2042-C (case 3VG pour une plus-value, 3VH pour une moins-value) | Vérifier le prix de revient affiché, surtout après un transfert de compte |
| Plusieurs comptes, titres non cotés, moins-values reportées | Formulaire 2074, qui consolide les gains et les pertes de l'année et des années antérieures | Reconstituer le PMP et le stock de moins-values disponibles |
| Option pour le barème avec titres acquis avant 2018 | Case 2OP, annexe 2074-ABT pour le calcul de l'abattement | Simuler l'effet de l'option sur les dividendes et intérêts de l'année |
Pour les clients aux revenus élevés, la plus-value s'ajoute au revenu fiscal de référence. Une cession importante peut ainsi déclencher la CEHR (3 % puis 4 % au-delà des seuils) et, le cas échéant, la contribution différentielle sur les hauts revenus. Ces contributions se calculent sur le RFR, abattements réintégrés : l'option pour le barème ne les réduit pas.
Le texte de référence pour l'ensemble de ces règles reste l'article 150-0 D du CGI sur Légifrance, qui fixe l'assiette, les abattements et l'imputation des pertes.
Le rôle du conseiller n'est pas de « faire disparaître » l'impôt, mais de vérifier qu'il est calculé sur la bonne base et que le client a choisi le bon moment et le bon régime. Les leviers classiques, à documenter dans le dossier :
Une méthode en six étapes permet de traiter chaque cession significative de façon reproductible :
Cette démarche gagne à être préparée dans l'outil du cabinet. Avec la Suite Majors®, l'agrégateur financier donne la vision des comptes, et le simulateur d'impôt sur le revenu aide à chiffrer les scénarios ; la décision et la validation des chiffres restent celles du conseiller.
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La fiscalité des plus-values mobilières repose sur quelques règles stables : un gain calculé au prix moyen pondéré, un PFU par défaut, une option globale pour le barème et des moins-values reportables dix ans. Ce qui a changé, c'est le coût : avec des prélèvements sociaux à 18,6 % pour les cessions réalisées dès 2025, le taux global atteint 31,4 %.
Dans ce contexte, les titres acquis avant 2018 et le stock de moins-values deviennent des actifs fiscaux à part entière. Notre simulation montre qu'avec un abattement de 65 %, l'option pour le barème peut rester intéressante bien au-delà des petites tranches, à condition de raisonner sur l'ensemble des revenus du capital de l'année.
Le rôle du CGP est d'intervenir avant la cession : reconstituer les prix de revient, retrouver les pertes reportables, simuler les deux régimes et documenter le choix. La Suite Majors® garde ces éléments dans le dossier du client, d'une année à l'autre.
Pour aller plus loin : Optimisation fiscale de fin d'année : la check-list du CGP.
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