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Une indemnité de rupture est la somme versée par l'employeur au salarié lorsque le contrat de travail prend fin : indemnité de licenciement, indemnité spécifique de rupture conventionnelle, indemnité de mise à la retraite ou indemnité versée dans le cadre d'un plan de sauvegarde de l'emploi. Son régime fiscal est fixé par l'article 80 duodecies du Code général des impôts : une partie est exonérée d'impôt sur le revenu, le reste est imposé comme un salaire. Pour un cadre ou un dirigeant salarié, c'est souvent la plus grosse somme perçue en une fois de toute sa carrière. Le moment où il appelle son conseiller, avant ou après la signature, change beaucoup de choses.
Le droit du travail distingue plusieurs façons de mettre fin à un contrat à durée indéterminée, et chacune a son régime. Avant tout calcul, le conseiller doit donc identifier la nature juridique de la rupture et décomposer la somme versée : une partie correspond souvent au minimum légal ou conventionnel, une autre à une indemnité supra-légale négociée, une troisième à des éléments de salaire (préavis, congés payés, variable) qui ne sont pas des indemnités de rupture et restent imposables comme un salaire ordinaire.
Le minimum de référence est l'indemnité légale de licenciement (articles L. 1234-9 et R. 1234-2 du Code du travail) : un quart de mois de salaire par année d'ancienneté pour les dix premières années, un tiers de mois au-delà, dès huit mois d'ancienneté. La convention collective peut prévoir mieux ; c'est alors l'indemnité conventionnelle qui sert de plancher.
| Type de rupture | Impôt sur le revenu (principe) | Point d'attention |
|---|---|---|
| Licenciement (hors PSE) | Exonération selon les trois limites de l'article 80 duodecies, plafond 6 PASS | L'indemnité légale ou conventionnelle reste exonérée en toute hypothèse |
| Rupture conventionnelle individuelle | Mêmes limites que le licenciement | Imposable en totalité si le salarié peut liquider une retraite de base |
| Mise à la retraite par l'employeur | Mêmes critères, plafond de 5 PASS (BOFiP, § 190) | Contribution patronale de 40 % depuis 2026 |
| Licenciement ou départ volontaire dans un PSE | Exonération totale | Le cadre du plan doit être vérifié dans les documents remis |
| Départ volontaire à la retraite | Imposable | Système du quotient possible |
Les sommes versées dans une transaction qui suit un licenciement suivent en principe le régime des indemnités de licenciement pour leur part indemnitaire. Leur qualification dépend toutefois de ce qu'elles réparent ; c'est un sujet d'avocat en droit social, que le CGP doit signaler sans le trancher.
Pour un licenciement ou une rupture conventionnelle, la fraction de l'indemnité exonérée d'impôt sur le revenu correspond au plus élevé des trois montants suivants, rappelés par le BOFiP (BOI-RSA-CHAMP-20-40-10-30) :
Les deux derniers critères sont plafonnés à six fois le plafond annuel de la sécurité sociale en vigueur à la date du versement. Avec un PASS fixé à 48 060 € pour 2026 (arrêté du 22 décembre 2025), ce plafond atteint 288 360 €. La fraction qui dépasse la limite applicable est imposable dans la catégorie des traitements et salaires. Lorsque l'indemnité est versée en plusieurs fois, les limites s'apprécient sur le montant global.
Deux situations changent la donne et reviennent souvent dans les rendez-vous de cadres seniors :
Le régime social obéit à des seuils différents du régime fiscal, ce qui surprend souvent les clients qui pensaient toucher « du net ».
Pour l'employeur, la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, article 15) a porté de 30 % à 40 % la contribution patronale spécifique de l'article L. 137-12 du Code de la sécurité sociale. Elle frappe la part des indemnités de rupture conventionnelle et de mise à la retraite exonérée de cotisations, dans la limite de 2 PASS, pour les contrats dont la fin intervient à compter du 1er janvier 2026. Une indemnité de 96 120 € coûte ainsi 38 448 € de plus à l'entreprise.
Ce surcoût pèse sur la négociation : certaines entreprises réduisent le supra-légal proposé, d'autres préfèrent d'autres modes de rupture. Le conseiller n'a pas à arbitrer le choix juridique, mais il peut chiffrer pour son client le net après impôt et prélèvements sociaux de chaque proposition, ce qui permet de comparer des offres de structure différente.
Bulletins de l'année précédente, projet de convention, droits retraite, épargne salariale, crédits en cours : la Suite Majors® centralise ces pièces dans le dossier du client, son simulateur d'impôt sur le revenu aide à chiffrer les scénarios, et la recommandation de réemploi se documente dans le rapport d'adéquation. Dès 50 €/mois, sans engagement.
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Prenons un cas fictif. Un cadre de 52 ans, 20 ans d'ancienneté, a perçu une rémunération annuelle brute de 90 000 € l'année précédant la rupture (7 500 € par mois en moyenne). On suppose que sa convention collective ne prévoit pas mieux que la loi. Il signe une rupture conventionnelle prenant effet en 2026, avec une indemnité de 150 000 €.
Son indemnité légale s'élève à (7 500 × 1/4 × 10) + (7 500 × 1/3 × 10) = 43 750 €. La part supra-légale négociée est donc de 106 250 €.
| Étape | Calcul | Résultat |
|---|---|---|
| Limite d'exonération d'impôt | Plus élevé de : 43 750 € ; 2 × 90 000 € = 180 000 € ; 50 % × 150 000 € = 75 000 € (plafond 288 360 €) | 180 000 € |
| Part imposable à l'impôt sur le revenu | 150 000 € < 180 000 € | 0 € |
| Part exonérée de cotisations | Fraction exonérée d'impôt, limitée à 2 PASS | 96 120 € |
| Part soumise aux cotisations | 150 000 € − 96 120 € | 53 880 € |
| Part soumise à la CSG-CRDS | 150 000 € − 43 750 € (le plus faible entre indemnité légale et part exonérée de cotisations) | 106 250 €, soit environ 10 306 € de CSG-CRDS |
| Contribution patronale | 40 % × 96 120 € | 38 448 € à la charge de l'employeur |
Le client ne paiera donc aucun impôt sur le revenu sur son indemnité, mais il supportera la CSG-CRDS sur 106 250 € et des cotisations salariales sur 53 880 €. Le montant net réellement versé, à vérifier sur le dernier bulletin, est la seule base sérieuse pour construire un plan de réemploi. Si le même cadre avait eu 63 ans et des droits à retraite ouverts, la totalité des 150 000 € aurait été imposable.
Lorsque l'indemnité dépasse la limite d'exonération, la part imposable est soumise au prélèvement à la source par l'employeur, au taux du foyer, comme un salaire. Ce prélèvement n'est qu'un acompte : l'impôt définitif est calculé lors de la déclaration de l'année suivante, et c'est là que se joue l'essentiel.
Ajoutée d'un bloc aux salaires de l'année, une indemnité imposable fait souvent basculer le foyer dans une tranche supérieure. Le système du quotient (article 163-0 A du CGI) atténue cet effet : on ajoute au revenu habituel un quart du revenu exceptionnel, on calcule le supplément d'impôt, puis on le multiplie par quatre. Selon impots.gouv.fr, la fraction imposable des indemnités de licenciement en bénéficie quel que soit son montant. La somme se déclare en case 0XX, et non avec les salaires.
Illustration. Un contribuable célibataire (une part) a un revenu net imposable habituel de 50 000 € et une fraction imposable d'indemnité de 70 000 € nets. Avec le barème applicable aux revenus 2025 (tranches à 11 600 €, 29 579 €, 84 577 € et 181 917 €), à titre indicatif :
| Méthode | Calcul | Impôt dû sur l'indemnité |
|---|---|---|
| Imposition au barème sans quotient | Impôt sur 120 000 € (33 001 €) − impôt sur 50 000 € (8 104 €) | 24 897 € |
| Système du quotient | [Impôt sur 67 500 € (13 354 €) − 8 104 €] × 4 | 21 000 € |
| Écart | 3 897 € d'économie |
L'avantage du quotient dépend de la position du foyer dans le barème : il est nul si le revenu habituel est déjà dans la tranche à 45 %, et maximal quand le quart du revenu exceptionnel reste dans la même tranche que le revenu habituel. La rupture a aussi un effet mécanique : l'année du départ, les salaires baissent souvent, et l'année suivante encore plus si le client est au chômage. C'est le bon moment pour réexaminer la tranche marginale d'imposition du foyer plutôt que de reconduire les choix des années précédentes.
Le réemploi d'une indemnité ne se pense pas sans le calendrier des revenus qui suivent. Trois règles de l'assurance chômage, détaillées par l'Unédic, conditionnent le besoin de trésorerie :
Deux autres sujets sont souvent oubliés. La portabilité des garanties collectives de santé et de prévoyance (article L. 911-8 du Code de la sécurité sociale) maintient la couverture de l'ancien salarié pendant sa période d'indemnisation par l'assurance chômage, dans la limite de la durée de son dernier contrat et de 12 mois. Au-delà, la protection de la famille doit être reconstruite : c'est le moment de chiffrer le besoin de prévoyance, surtout si le client prépare une création d'entreprise.
Enfin, la rupture du contrat de travail est un cas de déblocage anticipé du plan d'épargne entreprise. Le client peut donc disposer de son PEE, mais rien ne l'y oblige : les avoirs restent placés et leurs plus-values exonérées d'impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux étant dus. Les règles propres à l'épargne salariale sont détaillées dans notre guide épargne salariale du dirigeant.
Une indemnité de rupture n'est pas un capital comme un autre. Elle arrive à un moment d'incertitude professionnelle, parfois de fragilité personnelle, et la tentation est forte de la placer vite ou de ne rien en faire. La valeur du conseil tient à la séquence.
Ce suivi se gère mieux dans l'outil du cabinet que dans une suite de courriels. Avec la Suite Majors®, le recueil patrimonial se met à jour avec la nouvelle situation professionnelle, et le simulateur d'impôt sur le revenu aide à préparer les scénarios ; le choix final et la validation des chiffres restent ceux du conseiller.
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La fiscalité des indemnités de rupture repose sur une règle simple en apparence : une part exonérée, une part imposée comme un salaire. En pratique, trois régimes se superposent, avec leurs propres seuils : l'impôt sur le revenu (jusqu'à 6 PASS), les cotisations (2 PASS) et la CSG-CRDS, due dès le premier euro supra-légal. S'y ajoutent en 2026 une contribution patronale à 40 % qui pèse sur la négociation, et un chômage raccourci à 15 mois après une rupture conventionnelle.
Pour le client, l'enjeu n'est pas seulement l'impôt. C'est la cohérence entre une somme reçue une fois, une période de revenus incertains et des décisions de long terme : retraite, dettes, placements, protection de la famille. Notre exemple montre qu'une indemnité de 150 000 € peut échapper totalement à l'impôt et supporter malgré tout plus de 10 000 € de CSG-CRDS.
Le rôle du CGP est d'intervenir tôt, idéalement avant la signature de la convention : vérifier la part exonérée, simuler le quotient, chiffrer la transition, puis documenter le réemploi. La Suite Majors® garde ces éléments dans le dossier du client et facilite le point de suivi des mois suivants.
Pour aller plus loin : Optimisation fiscale de fin d'année : la check-list du CGP.
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