PFU ou option barème : arbitrer les revenus mobiliers
PFU 31,4 % ou barème en 2026 ? Méthode CGP pour arbitrer la fiscalité des revenus mobiliers selon la TMI client.
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L'arbitrage salaire ou dividendes consiste à déterminer, pour un dirigeant de société soumise à l'impôt sur les sociétés, la répartition la plus efficiente entre une rémunération (chargée socialement, déductible du résultat, imposée à l'impôt sur le revenu) et une distribution de dividendes (prélevée sur un bénéfice déjà taxé à l'IS, puis soumise au prélèvement forfaitaire unique). C'est l'une des questions les plus fréquemment posées à un conseiller en gestion de patrimoine par sa clientèle de dirigeants, professions libérales et chefs d'entreprise — et l'une des plus mal traitées, parce qu'elle est presque toujours réduite à une comparaison de taux. Ce guide vous donne la méthode complète pour la traiter en rendez-vous, avec les paramètres 2026 à jour et un cadre de restitution conforme à votre devoir de conseil.
Un dirigeant qui contrôle sa société dispose de trois canaux distincts pour faire remonter de la valeur vers son patrimoine privé. Les confondre est la première source d'erreur dans un bilan patrimonial :
Pourquoi ce sujet relève-t-il du CGP et pas seulement de l'expert-comptable ? Parce que le niveau de rémunération conditionne directement trois éléments patrimoniaux structurants : le disponible fiscal PER du client, ses droits retraite futurs, et sa capacité d'emprunt auprès des banques. Un dirigeant qui se rémunère à 12 000 € par an et se verse 90 000 € de dividendes affichera une capacité d'emprunt calculée sur presque rien. C'est un sujet de conseil patrimonial avant d'être un sujet comptable.
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Un arbitrage réalisé avec les taux 2025 donnera une recommandation fausse. Voici les paramètres qu'il faut impérativement remettre à jour avant tout calcul :
Pour le détail de l'ensemble des mesures applicables cette année, reportez-vous à notre synthèse des mesures patrimoniales de la loi de finances 2026. Sur le choix entre PFU et option pour le barème progressif — devenue révocable —, consultez notre méthode dédiée : PFU ou option barème.
L'erreur la plus coûteuse consiste à raisonner de la même façon quelle que soit la forme sociale. Or le statut du dirigeant change complètement l'équation.
Le président de SAS ou SASU est assimilé salarié. Ses cotisations sont élevées — de l'ordre de 80 % du net versé, toutes charges confondues — mais ses dividendes échappent intégralement aux cotisations sociales, quel que soit leur montant. En contrepartie, un président qui ne se verse aucune rémunération risque d'être redevable de la cotisation subsidiaire maladie (PUMa) et ne valide aucun trimestre de retraite.
Le gérant majoritaire de SARL ou l'associé unique d'EURL relève du régime des travailleurs non salariés. Ses cotisations sont sensiblement plus faibles — environ 45 % de la rémunération nette — mais la fraction des dividendes qui dépasse 10 % du capital social, des primes d'émission et des sommes en compte courant d'associé est requalifiée en revenu d'activité et supporte les cotisations TNS. Ce seuil, issu de l'article L.131-6 du code de la sécurité sociale, change tout : au-delà, la voie dividende perd l'essentiel de son intérêt.
| Critère | Président SAS / SASU | Gérant majoritaire SARL / EURL |
|---|---|---|
| Régime social | Assimilé salarié (régime général) | Travailleur non salarié (TNS) |
| Coût des cotisations | ≈ 75 à 85 % du net versé | ≈ 45 % de la rémunération nette |
| Dividendes et cotisations | Jamais soumis aux cotisations | Cotisés au-delà de 10 % (capital + primes + CCA) |
| Protection sociale | Complète, hors assurance chômage | Plus légère : prévoyance à compléter |
| Plafond PER (base PASS 2026) | Jusqu'à 38 448 € | Jusqu'à 88 911 € |
| Sans rémunération | Risque PUMa, aucun trimestre validé | Cotisations minimales dues malgré tout |
Retenez ce point pour vos rendez-vous : le plafond de déduction PER d'un gérant majoritaire peut atteindre plus du double de celui d'un président de SAS, parce que le TNS bénéficie d'un supplément de 15 % sur la fraction de bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS. C'est un argument patrimonial de premier ordre, souvent ignoré dans les arbitrages purement comptables.
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Ne commencez jamais par comparer des taux. Commencez par le besoin réel du client, puis remontez la chaîne. Voici la séquence à suivre en rendez-vous :
Le tableau ci-dessous donne les ordres de grandeur du coût global à supporter par la société pour faire arriver 1 000 € nets dans la poche du dirigeant, dans l'hypothèse d'un foyer à TMI 30 %.
| Voie de sortie | Coût pour la société | Friction globale | Droits sociaux acquis |
|---|---|---|---|
| Dividende SAS — bénéfice à l'IS 15 % | ≈ 1 715 € | ≈ 42 % | Aucun |
| Dividende SAS — bénéfice à l'IS 25 % | ≈ 1 945 € | ≈ 49 % | Aucun |
| Dividende SARL sous le seuil de 10 % | ≈ 1 715 à 1 945 € | ≈ 42 à 49 % | Aucun |
| Rémunération gérant majoritaire (TNS) | ≈ 2 010 € | ≈ 50 % | Retraite + prévoyance TNS |
| Rémunération président SAS | ≈ 2 590 € | ≈ 61 % | Retraite cadre + prévoyance |
| Dividende SARL au-delà du seuil de 10 % | ≈ 2 700 à 3 100 € | > 60 % | Partiels (retraite TNS) |
Hypothèses : foyer à TMI 30 %, charges patronales et salariales moyennes, cotisations TNS à 45 %, PFU à 31,4 %, hors effets de seuil et hors déductibilité des cotisations. Ces valeurs sont des ordres de grandeur pédagogiques : un chiffrage opposable doit être établi avec l'expert-comptable du client, sur ses données réelles.
La lecture est instructive. La dernière ligne montre pourquoi un gérant majoritaire de SARL n'a quasiment aucun intérêt à franchir le seuil des 10 % : la friction dépasse celle d'une rémunération classique, sans en offrir toute la contrepartie sociale. À l'inverse, la première ligne explique la popularité de la SAS chez les dirigeants qui pilotent finement leur résultat sous le seuil de 42 500 €.
Prenons un cas représentatif de votre clientèle. Marc, 46 ans, préside une SAS de conseil. Le résultat avant rémunération du dirigeant s'établit à 120 000 €. Son foyer est déjà à la TMI 41 % du fait des revenus de son conjoint. Il exprime un besoin de 55 000 € nets par an et souhaite préparer sa retraite, qu'il estime — à juste titre — très insuffisante.
Scénario A — 100 % dividendes. Marc ne se verse aucune rémunération. Le résultat de 120 000 € supporte l'IS (15 % jusqu'à 42 500 €, 25 % au-delà), soit environ 25 750 € d'impôt. Il reste 94 250 € distribuables, dont le PFU à 31,4 % prélève 29 595 €. Marc perçoit 64 655 €. C'est le net le plus élevé. Mais il ne valide aucun trimestre, ne dispose d'aucune prévoyance, n'a droit à aucune indemnité journalière en cas d'arrêt, et son plafond PER se limite au plancher de 10 % du PASS.
Scénario B — 100 % rémunération. À l'inverse, l'intégralité du résultat part en rémunération et charges. Après cotisations d'environ 80 % et IR à 41 %, Marc perçoit de l'ordre de 39 000 € nets. Il a une protection sociale complète et un plafond PER maximal, mais il ne couvre plus son besoin de trésorerie.
Scénario C — le mix recommandé. Marc se verse une rémunération brute de 45 000 €, ce qui représente environ 65 000 € de coût employeur et laisse 55 000 € de résultat imposable à l'IS — soit une taxation au taux réduit de 15 % sur une large part. Après IS et PFU, la distribution complète le net. Marc atteint son besoin de 55 000 €, valide ses quatre trimestres, se constitue des points de retraite complémentaire, ouvre un disponible fiscal PER de 4 500 € et sécurise sa prévoyance.
L'écart net entre le scénario A et le scénario C est d'environ 9 000 € par an en faveur du tout-dividende. Mais ces 9 000 € achètent des trimestres de retraite, une couverture invalidité-décès et une capacité d'emprunt préservée. Sur vingt ans de carrière restante, le scénario A crée un trou de pension que le client découvrira trop tard : c'est exactement ce que notre méthode d'estimation de la retraite en rendez-vous permet de matérialiser à l'écran. Complétez avec notre article sur le gap de revenus retraite et le calibrage de l'effort PER.
Ne présentez jamais l'arbitrage comme un tableau à deux colonnes. Présentez trois scénarios : tout-dividende, tout-salaire, et le mix. Le client comprend immédiatement que l'optimum n'est pas un extrême, et il perçoit la valeur du conseil plutôt que celle d'un calcul.
Une fois le mix arrêté, plusieurs leviers permettent d'améliorer le résultat sans changer la structure. Ce sont eux qui différencient un conseil patrimonial d'un simple calcul :
Ce sujet expose le conseiller. La décision juridique — modification statutaire, procès-verbal d'assemblée, écritures comptables — relève de l'expert-comptable et, le cas échéant, de l'avocat. Le CGP, lui, intervient au titre de son statut de CIF pour la partie placement et de son statut de courtier pour la partie assurance. Trois précautions s'imposent.
Pour vérifier le cadre applicable à votre activité de conseiller en investissements financiers, l'espace CIF de l'AMF rappelle les obligations professionnelles en vigueur. Sur le traitement fiscal des distributions, la fiche officielle Fiscalité des dividendes perçus par les associés de Service Public Entreprendre fait référence.
Dans la Suite Majors®, ces éléments s'enchaînent nativement : le KYC collecte la structure du patrimoine professionnel, le simulateur d'impôt sur le revenu chiffre l'impact du mix retenu, et l'assistant droit des sociétés sécurise le vocabulaire juridique de votre restitution écrite.
Tester la Suite Majors® Consulter le supportMes clients dirigeants arrivent avec la question salaire ou dividendes. Depuis que je projette les trois scénarios à l'écran avec Majors, la discussion bascule sur la retraite et la prévoyance en dix minutes.
La Suite Majors® est accessible dès 50 €/mois, sans engagement. Le modèle tarifaire est flexible et basé sur l'usage : vous ne payez que ce que vous utilisez. Une démonstration gratuite est disponible pour découvrir la plateforme.
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L'arbitrage salaire ou dividendes n'est pas un problème de taux, c'est un problème de projection. Le dividende gagne toujours sur la friction immédiate ; la rémunération gagne presque toujours sur l'horizon long, parce qu'elle achète des droits retraite, une prévoyance et un disponible fiscal. Votre valeur ajoutée de conseiller consiste à rendre ce second terme visible, chiffré et daté — pas à trancher entre deux pourcentages.
En 2026, trois paramètres doivent être réactualisés avant tout calcul : le PFU à 31,4 % sur les dividendes, le PASS à 48 060 € et le seuil d'IS réduit à 42 500 €. Et pour un gérant majoritaire de SARL, le seuil des 10 % reste le point de bascule qui neutralise l'intérêt de la voie dividende.
La Suite Majors® vous permet de structurer le patrimoine professionnel de vos clients dirigeants, de simuler l'impact fiscal des scénarios et de produire une recommandation traçable, conforme à vos obligations de CIF.
Pour aller plus loin : Choisir la bonne enveloppe fiscale selon le profil de votre client.
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