Identifier le gap de revenus retraite et calibrer l'effort PER
Comment estimer le gap de revenus à la retraite et dimensionner le versement PER pour chaque client CGP.
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La question revient dans presque chaque rendez-vous patrimonial : faut-il privilégier le PER ou l'assurance-vie ? Ces deux enveloppes sont au cœur de la stratégie de préparation à la retraite, mais elles obéissent à des logiques radicalement différentes. Le Plan d'Épargne Retraite (PER), issu de la loi Pacte de 2019, offre un avantage fiscal immédiat à l'entrée. L'assurance-vie, placement préféré des Français avec plus de 1 900 milliards d'euros d'encours, mise sur la souplesse et la transmission. Ce guide vous donne les outils pour produire un comparatif chiffré et personnalisé en rendez-vous client, en tenant compte des évolutions fiscales de 2026. Pour comprendre comment intégrer ces simulations dans votre processus de conseil, découvrez aussi notre article sur le gap de revenus retraite et le calibrage du versement PER.
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Avant de comparer les chiffres, il est essentiel de bien comprendre l'ADN de chaque enveloppe. Leurs mécanismes répondent à des objectifs différents, et c'est souvent la combinaison des deux qui constitue la stratégie optimale.
Le PER individuel (PERin) est une enveloppe dédiée à la préparation à la retraite. Les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable dans la limite d'un plafond annuel. En contrepartie, les fonds sont en principe bloqués jusqu'à la liquidation des droits à la retraite. Il existe toutefois des cas de déblocage anticipé : acquisition de la résidence principale, invalidité, décès du conjoint, expiration des droits au chômage, surendettement, liquidation judiciaire.
L'assurance-vie est une enveloppe polyvalente, sans horizon de placement imposé. Les versements ne génèrent aucune déduction fiscale à l'entrée, mais l'enveloppe offre une liquidité totale à tout moment. Après 8 ans de détention, la fiscalité sur les rachats devient particulièrement attractive. En matière successorale, l'assurance-vie bénéficie d'un cadre hors succession particulièrement favorable (abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans, selon l'article 990 I du CGI).
C'est l'avantage clé du PER : chaque euro versé réduit le revenu imposable. L'économie réalisée dépend directement du taux marginal d'imposition (TMI) du client. En 2026, le plafond de déduction est fixé à 10 % des revenus professionnels nets de l'année N-1, dans la limite de 35 194 € et avec un plancher de 4 114 €. Les plafonds non utilisés des 3 années précédentes sont reportables, ce qui permet de réaliser des versements importants en fin de carrière.
Voici l'économie d'impôt générée par un versement de 10 000 € sur un PER, selon la TMI du client :
| TMI du client | Versement PER | Économie d'impôt | Coût réel de l'épargne |
|---|---|---|---|
| 11 % | 10 000 € | 1 100 € | 8 900 € |
| 30 % | 10 000 € | 3 000 € | 7 000 € |
| 41 % | 10 000 € | 4 100 € | 5 900 € |
| 45 % | 10 000 € | 4 500 € | 5 500 € |
Pour un client à TMI 41 %, l'État finance en réalité 41 % de chaque versement PER. Ce mécanisme est particulièrement puissant pour les dirigeants, professions libérales et cadres supérieurs dont la TMI est élevée en phase d'activité, et qui anticipent une baisse de leur TMI à la retraite.
L'assurance-vie n'offre aucun avantage fiscal à l'entrée : le versement de 10 000 € coûte exactement 10 000 € nets d'impôt, quelle que soit la TMI du client. Son avantage se matérialise à la sortie et à la succession.
La comparaison à la sortie est plus complexe, car elle dépend du mode de sortie choisi (capital, rente, ou panachage) et du traitement fiscal appliqué.
Sortie du PER en capital : si les versements ont été déduits du revenu imposable (cas standard), le capital récupéré est soumis à l'impôt sur le revenu selon le barème progressif. Les plus-values, elles, sont soumises au prélèvement forfaitaire unique (PFU). Depuis le 1er janvier 2026, la CSG ayant été revalorisée, le PFU est passé de 30 % à 31,4 % (17,2 % de prélèvements sociaux + 12,8 % de prélèvement forfaitaire IR). Si le client n'a pas déduit ses versements à l'entrée, le capital est exonéré d'IR, seules les plus-values restant soumises au PFU.
Sortie du PER en rente viagère : la rente est imposée dans les mêmes conditions que les pensions de retraite, soit à l'IR après un abattement de 10 %. Les prélèvements sociaux s'appliquent uniquement sur une fraction de la rente.
Sortie de l'assurance-vie : après 8 ans de détention, seules les plus-values comprises dans le rachat sont imposées. L'abattement annuel est de 4 600 € pour un célibataire et 9 200 € pour un couple. Au-delà de cet abattement, le taux d'imposition est de 24,7 % (17,2 % PS + 7,5 % IR forfaitaire) pour les contrats de moins de 150 000 € de versements, ou de 30 % (PFU standard). L'assurance-vie a été épargnée par la hausse de la CSG en 2026, contrairement au PER dont les plus-values subissent désormais la hausse.
Sortie en rente viagère d'une assurance-vie : seule une fraction de la rente est imposable à l'IR selon l'âge lors de l'entrée en jouissance : 40 % entre 60 et 69 ans, 30 % à partir de 70 ans. C'est souvent plus avantageux que la rente PER pour les clients qui anticipent une retraite après 69 ans.
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Ce tableau synthétise les 8 critères essentiels à aborder avec votre client pour justifier votre recommandation et documenter votre devoir de conseil.
| Critère | PER individuel | Assurance-vie |
|---|---|---|
| Déduction fiscale à l'entrée | Oui — jusqu'à 35 194 €/an (2026) | Non |
| Disponibilité des fonds | Bloqués jusqu'à la retraite (6 cas de déblocage) | Totalement libre à tout moment |
| Fiscalité des plus-values à la sortie | PFU 31,4 % (depuis 2026) | PFU 24,7 % après 8 ans (épargné par la CSG 2026) |
| Fiscalité du capital à la sortie | IR (si versements déduits) / exonéré (si non déduits) | Exonéré (seules les plus-values sont imposées) |
| Sortie en rente — fraction imposable | IR après abattement 10 % (comme pension) | 40 % (60-69 ans) / 30 % (après 69 ans) |
| Avantage successoral | Similaire à l'AV si décès avant 70 ans | Abattement 152 500 €/bénéficiaire (art. 990 I) |
| Profil idéal | TMI ≥ 30 %, horizon long, anticipation baisse TMI | Tous profils, projets à moyen terme, transmission |
| Tarification Majors | Simulation comparative disponible dès 50 €/mois | |
Voici trois exemples concrets que vous pouvez adapter en rendez-vous pour illustrer votre recommandation.
M. Dupont, 45 ans, directeur commercial, revenus annuels de 120 000 €. Il dispose d'un budget d'épargne mensuel de 1 000 €, soit 12 000 € par an. Il part à la retraite dans 20 ans et anticipe une TMI à 11 % ou 30 % à la retraite.
Dr. Martin, 52 ans, médecin spécialiste, revenus annuels de 200 000 €. Il souhaite maximiser sa déduction fiscale cette année grâce au rattrapage des plafonds non utilisés.
Mme Leblanc, 58 ans, a quitté le salariat à 55 ans. Sa TMI est désormais à 11 % (revenus fonciers modestes). Elle dispose de 50 000 € à placer.
Au-delà de la fiscalité, plusieurs éléments non chiffrables au sens strict influencent la recommandation finale.
La liquidité : si le client peut avoir besoin de ses fonds avant la retraite (projet immobilier, création d'entreprise, aléas de la vie), l'assurance-vie est indispensable. Un PER n'est pas adapté comme épargne de précaution ou d'opportunité.
La transmission : l'assurance-vie reste l'outil numéro un de la transmission hors succession, avec l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans (article 990 I du CGI). Le PER bénéficie d'un régime similaire en cas de décès avant 70 ans, mais les primes versées après 70 ans sont réintégrées dans l'actif successoral. Pour les clients qui souhaitent transmettre, l'assistant succession Majors permet d'arbitrer ces deux enveloppes en tenant compte de la situation familiale.
L'horizon de placement : le PER est pertinent uniquement si l'horizon est supérieur à 10 ans minimum. En dessous, même avec une TMI élevée, le blocage des fonds peut devenir un inconvénient majeur. L'assurance-vie s'adapte à tout horizon : court, moyen et long terme.
La situation de couple : pour un couple marié ou pacsé, les plafonds PER s'appliquent individuellement mais sont mutualisables. L'abattement sur l'assurance-vie est doublé à 9 200 €/an pour un couple. Ces paramètres peuvent modifier significativement le comparatif chiffré.
Structurer un comparatif chiffré PER / assurance-vie en rendez-vous suppose de disposer à tout moment des informations fiscales et patrimoniales de votre client. Voici la méthode en 5 étapes :
La Suite Majors® automatise ces étapes en s'appuyant sur les données patrimoniales et fiscales déjà renseignées dans le dossier client. Le comparatif est généré en quelques minutes, éditable et directement intégrable dans le rapport d'adéquation. Pour vérifier la conformité de cette démarche avec les exigences MiFID II, consultez notre guide sur la conformité MiFID II pour CGP en 2026.
L'AMF exige que toute recommandation personnalisée sur un PER ou une assurance-vie soit documentée dans le rapport d'adéquation. Le comparatif chiffré constitue une pièce justificative de votre devoir de conseil et doit être archivé dans le dossier client.
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PER ou assurance-vie ? La réponse dépend systématiquement du profil fiscal du client, de son horizon de placement, de ses besoins de liquidité et de ses objectifs successoraux. Pour les profils à TMI ≥ 30 %, le PER offre un levier fiscal immédiat sans équivalent. Pour les profils à TMI basse, ou lorsque la liquidité est prioritaire, l'assurance-vie reste la solution la plus adaptée. Dans la grande majorité des cas, les deux enveloppes sont complémentaires et méritent d'être calibrées ensemble.
Produire un comparatif chiffré rigoureux, documenté et personnalisé, c'est aussi respecter votre devoir de conseil et sécuriser votre cabinet face à un éventuel contrôle. La Suite Majors® vous accompagne à chaque étape, de l'analyse patrimoniale à la génération du rapport d'adéquation.
Pour aller plus loin : Identifier le gap de revenus retraite et calibrer l'effort PER et TMI à 30 % ou 41 % : quels leviers de défiscalisation proposer.
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