Établir le profil de risque et le questionnaire ESG : tutoriel
Le questionnaire en 4 étapes, pas à pas, dans l'onglet Risques de la fiche client.
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Le tutoriel Profil de risque vous montre comment remplir le questionnaire. Cette page explique ce qui se passe ensuite : comment la Suite Majors® note chaque réponse, comment elle en déduit le profil investisseur de votre client, et sur quels textes réglementaires chaque choix de conception s'appuie. L'objectif est simple : que vous puissiez expliquer le profil à votre client, et le défendre devant un contrôleur de l'AMF ou de l'ACPR.
En bref
Le profil de risque est la pièce centrale de l'évaluation de l'adéquation. Avant toute recommandation, le conseiller doit recueillir les informations nécessaires sur les connaissances et l'expérience du client, sa situation financière (dont sa capacité à subir des pertes) et ses objectifs (dont sa tolérance au risque). Ces exigences viennent de plusieurs textes, que le questionnaire Majors couvre en un seul parcours :
Le tableau ci-dessous met en face chaque exigence et la façon dont la Suite Majors® y répond.
| Exigence | Source | Réponse dans Majors |
|---|---|---|
| Recueillir connaissances et expérience, situation financière et objectifs avant toute recommandation | Dir. 2014/65/UE, art. 25 ; règl. 2017/565, art. 54 et 55 ; DDA | Questionnaire en 4 étapes, complété avant la validation du profil |
| Distinguer capacité à subir des pertes et tolérance au risque, notions « complémentaires et non substituables » | Orientations ESMA ; synthèse SPOT AMF 2021 | Deux axes notés séparément, avec des questions différentes ; aucun ne compense l'autre |
| Évaluer la capacité de perte à partir de la situation financière réelle, pas de scénarios théoriques | Synthèse SPOT AMF 2021 | Questions factuelles : part du patrimoine investie, épargne de précaution, perte supportable sans impact sur le niveau de vie |
| Ne pas se fier à la seule auto-évaluation du client | Orientations ESMA (fiabilité des informations) | Connaissance déclarée et test objectif Vrai/Faux, évalués séparément |
| Poser des questions spécifiques aux instruments, selon les connaissances déclarées (questionnaire « à tiroirs ») | Synthèse SPOT AMF 2026 | Questions générales posées à tous, puis questions propres à chaque famille de produits cochée |
| Détecter les réponses incohérentes | Orientations ESMA ; synthèse SPOT AMF 2026 | Contrôles de cohérence et alertes du contrôleur, visibles avant la validation |
| Recueillir les préférences de durabilité | Règl. délégué 2021/1253 ; ACPR 2024-R-03 | Questionnaire ESG distinct, qui n'influence pas le niveau de risque |
| Conserver la trace de l'évaluation et pouvoir la restituer | Règl. 2017/565 (conservation des enregistrements) ; DOC-2019-03 | Réponses horodatées, version du moteur, détail du calcul et justification conservés |
Le questionnaire suit les étapes affichées en haut de l'onglet « Risques ». Chacune alimente un axe distinct, et chaque axe répond à une question différente sur le client.
| Axe | Question posée | Nature | Rôle dans le profil |
|---|---|---|---|
| Connaissance et expérience | Le client comprend-il les produits ? | Déclaratif + test objectif | Fixe un plafond |
| Capacité à subir des pertes | Que peut-il se permettre de perdre ? | Objective, liée à sa situation financière | Entre dans le minimum |
| Tolérance au risque | Qu'accepte-t-il de perdre ? | Comportementale | Entre dans le minimum |
| Objectifs et horizon | Pourquoi et pour combien de temps investit-il ? | Déclarative | Encadre le profil et alimente la justification et l'adéquation |
Les préférences de durabilité sont recueillies à part, dans le questionnaire ESG. Elles orientent la sélection des supports mais ne modifient pas le niveau de risque : un client peut être à la fois prudent et exigeant sur l'ESG, ou dynamique et indifférent à ces critères.
Le client indique d'abord les familles de placements qu'il dit connaître : épargne sécurisée, actions, obligations, OPCVM et ETF, assurance-vie, produits structurés, non coté, produits à effet de levier. Cette déclaration ne suffit pas : chaque famille cochée déclenche des questions de vérification Vrai/Faux qui lui sont propres, en plus de questions générales posées à tous les clients.
Le score de connaissance est le pourcentage de bonnes réponses sur les questions effectivement posées (par exemple 2 bonnes réponses sur 5, soit 40 %). Une question qui n'a pas été posée au client n'est pas comptée.
Cet axe mesure ce que le client peut perdre sans mettre en danger sa situation. Les questions portent sur des éléments factuels : la part du patrimoine que représente l'investissement, l'existence et le niveau d'une épargne de précaution (en mois de charges), et la perte maximale supportable sans impact sur son niveau de vie. Plus l'investissement pèse dans le patrimoine et plus l'épargne de précaution est faible, plus la capacité est basse.
La tolérance mesure ce que le client accepte. Les questions portent sur l'ampleur de baisse qu'il est prêt à traverser et sur sa réaction concrète face à une baisse ou une hausse des marchés : vendre, attendre, conserver ou renforcer. C'est précisément ce que l'AMF cite comme bonne pratique : mesurer la réaction du client face aux baisses de marché, plutôt que lui demander de se qualifier lui-même de « prudent » ou de « dynamique ».
Le client indique ses objectifs (valoriser un capital, préparer la retraite, constituer une épargne de précaution, transmettre…), la durée envisagée, la part de son patrimoine concernée et son besoin de liquidité. Ces réponses encadrent le profil : un horizon court limite les options dynamiques. Elles alimentent aussi la justification du profil, puis la déclaration d'adéquation.
Chaque axe est exprimé en pourcentage dans le panneau « Cohérence en direct », puis traduit en niveau sur l'échelle des cinq profils Majors. C'est sur ces niveaux que s'applique la règle de qualification.
Une fois les axes notés, le moteur applique une règle en deux temps, affichée en toutes lettres dans l'étape « Validation du profil ».
Le moteur retient le plus prudent des deux axes. Un client qui a les moyens de perdre mais ne le souhaite pas reste sur un profil prudent ; un client très enclin au risque mais sans marge financière aussi.
Pourquoi un minimum et pas une moyenne ? Parce qu'une moyenne permettrait à un axe favorable de masquer un axe défavorable. L'AMF rappelle que capacité et tolérance sont des notions complémentaires et non substituables. Les orientations de l'ESMA n'imposent aucune formule de calcul, mais exigent que les deux dimensions soient réellement prises en compte. Le minimum est le choix de Majors pour traduire cette exigence de la façon la plus prudente et la plus lisible pour le client.
Le résultat du test de connaissance vient ensuite plafonner le profil. Si le taux de bonnes réponses est insuffisant, le profil ne peut pas dépasser un niveau prudent, même si la capacité et la tolérance sont élevées. Au-delà du seuil, la connaissance ne réduit pas le profil. Ce plafond traduit un principe simple de l'évaluation d'adéquation : on ne recommande pas à un client un produit dont il ne comprend pas les risques.
Le profil est produit par un moteur de règles, pas par l'IA. Les mêmes réponses donnent toujours le même profil, ce qui permet de rejouer et d'expliquer n'importe quel calcul, y compris plusieurs années après.
Chaque axe, puis le profil final, se situe sur une échelle unique de cinq niveaux, du plus prudent au plus exposé :
| Profil | Ce qu'il traduit |
|---|---|
| Prudent | Priorité à la préservation du capital ; seules des fluctuations limitées sont acceptables. |
| Équilibré | Recherche d'un compromis entre sécurité et performance ; des baisses modérées sont acceptées sur un horizon moyen. |
| Croissant | Recherche de valorisation à moyen ou long terme ; des baisses temporaires plus marquées sont acceptées. |
| Dynamique | Exposition majoritaire aux actifs risqués ; le client peut traverser des baisses importantes sur un horizon long. |
| Offensif | Recherche de performance maximale ; le client accepte une forte volatilité et un risque de perte significatif. |
Le profil retenu sert ensuite de référence pour apprécier l'adéquation des supports que vous proposez, notamment au regard de leur indicateur de risque (SRI) figurant dans le document d'informations clés.
Exemples illustratifs, destinés à montrer la logique de la règle.
Un client consacre entre 25 % et 50 % de son patrimoine à l'investissement et dispose de 3 à 6 mois de charges d'épargne de précaution : sa capacité ressort au niveau Croissant. Face à une baisse, il déclare qu'il attendrait et n'accepterait qu'une perte de 10 à 20 % : sa tolérance ressort au niveau Prudent. Le moteur affiche : retenu = min(Croissant, Prudent) = Prudent. Son horizon de 3 à 5 ans va dans le même sens.
Une cliente dirigeante, avec un patrimoine important et une forte tolérance, obtient Dynamique sur la capacité comme sur la tolérance. Elle déclare connaître les actions, les obligations et le non coté, mais répond mal à la majorité des questions de vérification. Le plafond de connaissance s'applique : le profil retenu reste prudent tant que sa connaissance n'est pas établie. Le conseiller peut l'accompagner (explications, documentation) puis refaire le test : c'est la démarche que l'AMF cite comme bonne pratique, plutôt que de laisser le client corriger ses réponses.
Un client obtient Équilibré et demande à être classé Dynamique pour accéder à un produit. Le conseiller garde la main : il peut retenir un profil différent de la suggestion du moteur. Les documents intègrent alors un paragraphe indiquant que le client a fait ce choix en toute connaissance de cause. Ce mécanisme doit rester exceptionnel et motivé : le surclassement à la demande du client, sans justification documentée, fait partie des pratiques relevées par l'AMF lors de ses contrôles, et une signature ne suffit pas à couvrir un défaut de conseil.
Avant la validation, le moteur vérifie l'alignement entre capacité, tolérance et connaissance. Les écarts remontent dans les « Contrôles de cohérence » et les « Alertes du contrôleur », pour que vous puissiez les traiter avec le client avant de valider. La détection automatique des incohérences est l'une des bonnes pratiques relevées par l'AMF dans sa synthèse d'avril 2026.
Pour chaque profil, le dossier conserve :
Le bouton « Analyser avec l'IA » propose une rédaction de cette justification à partir des réponses. Vous la relisez et la modifiez librement. L'IA ne choisit pas le profil et ne peut pas le modifier : elle intervient après le calcul, uniquement sur le texte.
La Suite Majors® calcule, alerte et documente. La responsabilité du conseil reste celle du conseiller. Concrètement, trois points dépendent de vous :
Le profil validé alimente ensuite le parcours de conformité, la déclaration d'adéquation et le contrôle d'adéquation des allocations, sans ressaisie.
Tester la Suite Majors® Voir le tutoriel pas à pasLe profil de risque calculé par la Suite Majors® repose sur trois choix que vous pouvez expliquer en une phrase chacun : mesurer séparément ce que le client connaît, ce qu'il peut perdre et ce qu'il accepte de perdre ; retenir le plus prudent de la capacité et de la tolérance, puis plafonner par la connaissance ; tout tracer, pour que le calcul puisse être rejoué et justifié à tout moment.
Pour aller plus loin : le tutoriel pas à pas du questionnaire, notre méthode générale du profil de risque MiFID II, et le texte de référence de l'ESMA, les orientations sur les exigences d'adéquation de MiFID II.
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Le questionnaire en 4 étapes, pas à pas, dans l'onglet Risques de la fiche client.
Tolérance et capacité à subir des pertes, questionnaire en 12 questions, erreurs relevées par l'AMF.
De l'allocation à la déclaration signée, avec vérification d'adéquation traçable.
Recueillir et documenter les préférences ESG du client dans l'évaluation d'adéquation.