Défiscalisation immobilière 2026 : la méthode du CGP
Jeanbrun, déficit foncier, Denormandie, Malraux, monuments historiques : arbitrer chaque dossier...
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Le dispositif Jeanbrun, officiellement statut du bailleur privé, est le régime fiscal créé par l'article 47 de la loi de finances pour 2026 pour relancer l'investissement locatif après la fin du Pinel. Il permet au propriétaire d'un logement situé dans un immeuble collectif, loué nu en résidence principale pendant au moins 9 ans, de déduire chaque année de ses revenus fonciers un amortissement calculé sur 80 % du prix du bien. Il vise les acquisitions réalisées jusqu'au 31 décembre 2028. Pour le CGP, la question n'est plus « qu'est-ce que le Jeanbrun ? », déjà traitée dans notre guide de la défiscalisation immobilière 2026. La vraie question est : combien ce dispositif rapporte-t-il vraiment à ce client, une fois la revente prise en compte ? Ce guide propose une méthode de simulation complète, de l'achat jusqu'à la sortie.
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Avant de chiffrer, il faut poser les variables. Le Jeanbrun n'est pas une réduction d'impôt comme le Pinel : c'est une charge déductible des revenus fonciers, dont l'effet dépend du taux marginal d'imposition (TMI) du client et des prélèvements sociaux de 17,2 % qui frappent ces revenus.
| Niveau de loyer | Taux neuf | Taux ancien avec travaux | Plafond annuel de déduction |
|---|---|---|---|
| Intermédiaire (environ −15 % sous le marché) | 3,5 % | 3 % | 8 000 € |
| Social (environ −30 %) | 4,5 % | 3,5 % | 10 000 € |
| Très social (environ −45 %) | 5,5 % | 4 % | 12 000 € |
Au moment où nous écrivons, plusieurs points attendent les commentaires du BOFiP : imputation sur le revenu global d'un déficit créé par l'amortissement, assiette précise dans l'ancien (prix seul ou prix + travaux), modalités de la réintégration à la revente. Une simulation sérieuse retient l'hypothèse la plus prudente et le mentionne par écrit.
Les textes de référence sont l'article 31 du Code général des impôts sur Légifrance, modifié par la loi de finances pour 2026, et les arrêtés fixant les plafonds de loyers et de ressources.
Prenons un couple de cadres, TMI 41 %, qui perçoit déjà 14 000 € de revenus fonciers imposés au régime réel grâce à deux studios loués nu. Ils envisagent un T3 neuf de 250 000 € en zone B1, loué en loyer intermédiaire.
Le point décisif est ici l'existence de revenus fonciers : l'amortissement vient les effacer, au taux global de 58,2 %. Sans autres revenus fonciers, le même amortissement risque de créer un déficit dont l'imputation sur le revenu global n'est pas acquise. Il faut alors raisonner sur le report du déficit, plus lent, sur les revenus fonciers des années suivantes. Pour un rappel de ces règles, voir notre article sur le déficit foncier.
Le client ne regarde pas un taux d'amortissement mais une mensualité. Avec un financement à 100 % sur 20 ans à 3,4 %, l'ordre de grandeur est le suivant :
| Poste mensuel (premières années) | Montant |
|---|---|
| Mensualité de crédit et assurance | − 1 490 € |
| Taxe foncière, charges non récupérables, assurance PNO | − 200 € |
| Loyer intermédiaire (65 m² × ~10 €/m²) | + 650 € |
| Effort avant impôt | − 1 040 € |
| Économie liée à l'amortissement Jeanbrun | + 340 € |
| Économie liée à la déduction des intérêts et charges | + 145 € |
| Effort net | ≈ − 555 € |
Ce chiffre doit être rapproché de la capacité d'emprunt et de l'épargne disponible du foyer. Un effort de 555 € par mois pendant 20 ans représente plus de 130 000 € : c'est la vraie « mise » du client, bien au-delà de l'apport.
C'est l'étape que les plaquettes commerciales oublient. Selon la lecture du texte retenue par la majorité des praticiens, les amortissements déduits minorent le prix d'acquisition retenu pour calculer la plus-value immobilière, comme c'est le cas en LMNP depuis la loi de finances 2025. Chaque euro amorti devient alors un euro de plus-value taxable à la sortie, à 19 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux, après abattements pour durée de détention.
Dans notre cas type, voici le surcoût d'impôt généré par la seule réintégration, indépendamment de l'évolution du prix du bien :
| Durée de détention | Amortissements cumulés | Économie cumulée (TMI 41 %) | Impôt supplémentaire sur la plus-value | Gain net |
|---|---|---|---|---|
| 9 ans | 63 000 € | 36 700 € | ≈ 19 200 € | ≈ 17 500 € |
| 15 ans | 105 000 € | 61 100 € | ≈ 23 100 € | ≈ 38 000 € |
| 22 ans | 154 000 € | 89 600 € | ≈ 19 100 € (prélèvements sociaux seuls) | ≈ 70 500 € |
| 30 ans | 200 000 € (base épuisée) | 116 400 € | 0 € | ≈ 116 400 € |
Trois enseignements pour le conseil :
Ces calculs supposent une TMI stable. Or un client de 55 ans qui part à la retraite à 64 ans verra souvent sa TMI passer de 41 % à 30 %, ce qui réduit l'économie des années suivantes. Pour caler la date de sortie, notre guide sur la date optimale de cession d'un bien immobilier détaille les seuils d'abattement.
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L'ancien rénové offre des taux plus faibles, mais il permet souvent d'acheter moins cher au mètre carré et dans des emplacements établis. Comparons deux options à budget total identique de 220 000 € environ, en loyer social pour l'ancien.
| Critère | T2 neuf (VEFA) | T3 ancien rénové |
|---|---|---|
| Prix d'acquisition | 220 000 € | 160 000 € + 60 000 € de travaux (37,5 %) |
| Base amortissable (hypothèse) | 176 000 € | 176 000 € si les travaux entrent dans l'assiette, 128 000 € sinon |
| Niveau de loyer et taux | Intermédiaire, 3,5 % | Social, 3,5 % |
| Amortissement annuel | 6 160 € | 6 160 € ou 4 480 € |
| Frais de notaire | ≈ 2 à 3 % | ≈ 7 à 8 % sur le prix d'achat |
| Risque principal | Prix de promoteur intégrant l'avantage fiscal | Dérapage de travaux, DPE A ou B non atteint |
L'incertitude sur l'assiette dans l'ancien change fortement le résultat : l'écart annuel atteint 1 680 € d'amortissement. Tant que la doctrine n'est pas fixée, simulez les deux hypothèses et présentez au client la plus basse. Dans l'ancien, la condition de DPE A ou B après travaux est exigeante pour un immeuble collectif : elle suppose souvent des travaux en parties communes qui ne dépendent pas du seul investisseur. Exigez un audit énergétique et un devis global avant de signer.
Dans le neuf, le premier risque est le prix. Un bien vendu 15 % au-dessus du marché local efface à lui seul l'avantage fiscal sur 9 ans. Comparez le prix au mètre carré avec les transactions récentes de l'ancien du quartier, et la rentabilité avec notre méthode de calcul de la rentabilité locative nette.
Le Jeanbrun ne se conseille pas isolément. Il se compare aux autres façons de loger un projet locatif dans le patrimoine du client.
| Critère | Jeanbrun (location nue) | LMNP au réel | Déficit foncier classique |
|---|---|---|---|
| Mécanisme | Amortissement forfaitaire plafonné | Amortissement du bâti et du mobilier, sans plafond | Travaux déductibles des revenus fonciers |
| Contrainte de loyer | Oui, plafonds et ressources | Non | Non |
| Durée d'engagement | 9 ans | Aucune | Location jusqu'au 31/12 de la 3e année |
| Réintégration en plus-value | Oui (lecture majoritaire) | Oui, depuis la LF 2025 | Non |
| Effet sur les autres revenus fonciers | Les réduit | Aucun (BIC distincts) | Les réduit, 10 700 € sur le revenu global |
| Profil type | TMI ≥ 30 %, revenus fonciers existants, détention longue | Recherche de revenus nets d'impôt, gestion active | Bien ancien à rénover, forte TMI |
Le Jeanbrun est particulièrement pertinent pour le client qui a déjà un patrimoine locatif nu fortement fiscalisé : il neutralise une partie de ses revenus fonciers existants sans toucher à son plafond de niches, qu'il peut réserver à un investissement FCPI ou FIP. Le LMNP reste plus souple pour un client qui veut des loyers de marché et une liberté de revente. Pour approfondir ce second régime, voir notre guide LMNP : fiscalité et amortissement.
Ce dernier point n'est pas une formalité. Un investissement immobilier défiscalisant présenté sans ses contreparties est un classique des litiges pour défaut de conseil. Le rapport d'adéquation doit montrer que le client a compris l'engagement de 9 ans, l'effet de la revente et l'incertitude doctrinale. Dans la Suite Majors®, le simulateur d'amortissement et le simulateur d'impôt sur le revenu alimentent directement le dossier client, et l'assistant d'optimisation fiscale aide à retrouver les textes applicables au moment du rendez-vous.
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Le dispositif Jeanbrun est un bon outil, mais pas pour tout le monde. Son intérêt repose sur trois conditions réunies : une TMI d'au moins 30 %, des revenus fonciers existants pour absorber l'amortissement, et un horizon de détention long. À 9 ans, la réintégration des amortissements dans la plus-value reprend environ la moitié de l'avantage. Au-delà de 22 ans, il devient l'un des leviers immobiliers les plus efficaces, hors plafond des niches.
La valeur ajoutée du CGP n'est donc pas de présenter le taux d'amortissement, mais de chiffrer le cycle complet : effort mensuel, économie annuelle, fiscalité de sortie et alternatives. Une simulation datée, avec des hypothèses prudentes et versée au dossier client, protège autant le client que le cabinet.
Pour aller plus loin : Défiscalisation immobilière 2026 : la méthode d'arbitrage du CGP.
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