Article 990 I CGI : modéliser l'assurance-vie en succession
Article 990 I CGI : modélisez la fiscalité de l'assurance-vie en succession. Abattements, taux, cas...
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L'article 757 B du Code général des impôts soumet aux droits de succession les primes d'assurance-vie versées après le 70e anniversaire de l'assuré, après application d'un abattement global de 30 500 € réparti entre l'ensemble des bénéficiaires. Point essentiel et souvent mal compris : seules les primes entrent dans l'assiette taxable. Les intérêts, participations aux bénéfices et plus-values générés par ces versements sont intégralement exonérés, quel que soit leur montant.
Cette règle est l'une des plus mal maîtrisées de la pratique patrimoniale. Beaucoup de clients arrivent en rendez-vous avec une conviction toute faite — « après 70 ans, l'assurance-vie ne sert plus à rien » — qui ne résiste pas à un calcul sérieux. Avec un encours d'assurance-vie de 2 162 milliards d'euros fin juin 2026 selon France Assureurs et une population d'assurés qui vieillit, le CGP est confronté à cette question presque chaque semaine. Ce guide vous donne la mécanique exacte, les cas chiffrés et les arbitrages à formuler, en complément de notre article dédié à l'article 990 I.
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L'article 757 B du CGI pose un principe simple dans son énoncé, mais dont chaque terme compte. Trois conditions cumulatives déclenchent son application :
Lorsque ces conditions sont réunies, l'assiette taxable correspond au montant brut des primes versées après 70 ans, diminué d'un abattement global de 30 500 €. La fraction résiduelle est ensuite ajoutée à l'actif successoral taxable du bénéficiaire et soumise au barème des droits de mutation à titre gratuit, selon son lien de parenté avec l'assuré.
Deux caractéristiques rendent ce régime plus favorable qu'il n'y paraît. D'abord, les produits sont expressément exclus de l'assiette : un versement de 80 000 € qui a produit 65 000 € d'intérêts sur quinze ans ne sera taxé que sur 80 000 €. Ensuite, l'abattement de 30 500 € se cumule avec les abattements de droit commun de l'article 779 du CGI — 100 000 € en ligne directe — s'ils n'ont pas déjà été consommés par le reste de la succession ou par des donations dans les quinze ans.
En cas de moins-value, l'administration limite l'assiette au capital effectivement perçu par le bénéficiaire : le fisc ne taxe jamais une somme qui n'a pas été transmise. Pour le détail de la doctrine applicable, la référence est le BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20 sur le BOFiP, et le texte de loi est consultable sur Légifrance (article 757 B du CGI).
Un même contrat peut relever simultanément des deux régimes, sur des assiettes strictement distinctes. L'assureur ventile les primes selon leur date de versement, avant et après le 70e anniversaire. Voici le comparatif que vous pouvez afficher directement en rendez-vous :
| Critère | Article 990 I | Article 757 B |
|---|---|---|
| Primes concernées | Versées avant 70 ans | Versées après 70 ans |
| Assiette taxable | Primes + produits capitalisés | Primes uniquement (produits exonérés) |
| Abattement | 152 500 € par bénéficiaire | 30 500 € global, tous contrats et bénéficiaires confondus |
| Taxation | Prélèvement de 20 % jusqu'à 700 000 €, puis 31,25 % | Barème des droits de succession (5 % à 60 % selon le lien) |
| Cumul avec l'abattement 779 | Non (régime autonome, hors succession civile) | Oui, si l'abattement n'est pas déjà consommé |
| Sensibilité à la durée | Défavorable : les gains grossissent l'assiette | Favorable : les gains échappent totalement aux droits |
La lecture stratégique est contre-intuitive. Le régime 990 I est plus généreux au départ, grâce à un abattement individuel bien plus élevé. Mais il taxe les gains, alors que le 757 B les laisse totalement en dehors du champ. Plus l'horizon est long et le rendement élevé, plus l'écart se resserre — et peut même s'inverser sur des contrats détenus quinze ou vingt ans.
Les clients retiennent un raisonnement quand ils voient les chiffres. Voici deux cas complets, à reproduire tels quels en rendez-vous.
Monsieur D. détient un contrat souscrit en 2005 sur lequel il a versé 200 000 € avant 70 ans ; cette part vaut 310 000 € au jour du décès. Il a ensuite ouvert un second contrat à 71 ans, alimenté de 120 000 € après 70 ans, valorisé 145 000 €. Les deux enfants sont bénéficiaires à parts égales.
La démonstration est claire : la fraction « après 70 ans » coûte ici nettement plus cher, en raison de l'abattement global bien plus faible. Mais le raisonnement s'arrête trop souvent là — et c'est une erreur.
Madame R. verse 80 000 € à 72 ans sur un contrat en unités de compte. Elle décède à 87 ans ; le contrat vaut alors 145 000 €. Son fils unique est bénéficiaire.
Autrement dit, sur un horizon de quinze ans, l'assurance-vie reste un vecteur de transmission compétitif même après 70 ans. Le message à porter au client n'est pas « il est trop tard », mais « le curseur a changé de nature ». Pour comparer avec les alternatives, notre analyse contrat de capitalisation vs assurance-vie apporte un éclairage complémentaire, tout comme le comparatif donation vs succession.
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L'article 757 B est truffé de cas particuliers. Les ignorer expose le cabinet à un conseil erroné — et à un risque de mise en cause.
La question mérite mieux qu'une réponse binaire. Voici la grille d'analyse à appliquer, profil par profil :
| Situation du client | Recommandation | Justification |
|---|---|---|
| Conjoint ou partenaire PACS bénéficiaire | Verser sans réserve | Exonération totale : le 757 B est sans effet, seul compte le besoin de liquidité et de souplesse |
| Espérance de détention supérieure à 12–15 ans | Verser | L'exonération des produits compense l'abattement réduit, et l'écart se creuse avec le temps |
| Abattement 779 de 100 000 € encore disponible | Verser jusqu'au seuil pertinent | Cumul 30 500 € + 100 000 € par enfant : la charge fiscale réelle peut être nulle |
| Horizon court, capital élevé, héritiers éloignés | Arbitrer vers d'autres leviers | Barème à 55 % ou 60 % : privilégier la donation, le démembrement ou le contrat de capitalisation |
Une bonne pratique fait consensus dans la profession : ouvrir un contrat dédié aux versements postérieurs à 70 ans. La ventilation entre les deux régimes devient lisible pour l'assureur, pour le notaire et pour les bénéficiaires, ce qui évite les litiges au dénouement et facilite la modélisation en amont. Cette recommandation s'articule directement avec la logique de stratégie avant / après succession que nous détaillons par ailleurs.
Pour chaque contrat d'assurance-vie détenu par un client de plus de 65 ans, collectez systématiquement trois données : la date de souscription, l'historique daté des versements et la rédaction exacte de la clause bénéficiaire. Sans ces trois éléments, aucune modélisation 757 B n'est fiable.
Le conseil en transmission est l'un des terrains les plus exposés en matière de responsabilité professionnelle. Un client qui verse 200 000 € à 73 ans et dont les héritiers découvrent la facture fiscale au dénouement se retournera contre son conseiller si la comparaison n'a pas été formalisée. Votre rapport d'adéquation doit porter quatre éléments :
C'est précisément ce travail que la Suite Majors® automatise. Le recueil patrimonial structure les contrats avec leurs dates de versement, l'assistant succession ventile les assiettes 990 I et 757 B, chiffre les droits par bénéficiaire et produit une note de synthèse éditable. Les pièces justificatives sont conservées dans le coffre-fort numérique hébergé en France, avec traçabilité complète des accès — un point que tout contrôle AMF examinera.
Ces cinq points forment une check-list simple à intégrer dans votre parcours de découverte. Systématisés dans l'outil, ils deviennent des contrôles automatiques plutôt que des vérifications de mémoire.
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L'article 757 B n'est ni une sanction ni une fatalité : c'est un régime différent, dont la logique récompense la durée. En taxant les primes et en exonérant les produits, il inverse progressivement le rapport de force avec l'article 990 I à mesure que le contrat capitalise. Le rôle du CGP est de sortir du raccourci des 70 ans et de poser le calcul, contrat par contrat, bénéficiaire par bénéficiaire.
Ce travail suppose trois choses : des données patrimoniales structurées avec les dates de versement, un moteur de calcul capable de ventiler les deux régimes, et une trace écrite du raisonnement. La Suite Majors® réunit ces trois briques dans une seule plateforme, du recueil patrimonial au rapport d'adéquation signé électroniquement.
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