Article 990 I CGI : l'assurance-vie en succession
Modéliser la fiscalité de l'assurance-vie au décès : abattement 152 500 €, article 990 I et 757 B...
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Une stratégie de succession consiste à organiser la transmission d'un patrimoine pour qu'elle se réalise dans les meilleures conditions juridiques et fiscales. Pour un CGP, l'enjeu se joue sur un axe de temps : la stratégie « avant », mise en place du vivant du client pour anticiper et réduire les droits, et la stratégie « après », qui consiste à optimiser une succession non préparée une fois le décès survenu. Ce guide détaille les deux approches, les règles 2026 à connaître et un exemple chiffré, pour que vous puissiez conseiller vos clients avec méthode. Pour modéliser l'impact d'une assurance-vie, consultez notre dossier sur l'article 990 I et l'assurance-vie en succession.
En matière de transmission, le moment où la stratégie est déployée détermine la quasi-totalité du résultat fiscal. Anticiper du vivant du client ouvre l'accès à des dispositifs puissants — donations, démembrement, assurance-vie — et permet surtout de réutiliser les abattements plusieurs fois. À l'inverse, une succession subie au décès ne mobilise les abattements qu'une seule fois et fige la valeur du patrimoine au jour du décès, souvent au pire moment fiscal.
Le rôle du conseiller est donc d'abord pédagogique : faire comprendre au client que chaque année écoulée sans anticipation a un coût. C'est exactement le type de simulation que permet un bilan patrimonial structuré.
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Avant de bâtir une stratégie, le CGP doit avoir en tête le cadre fiscal applicable. En 2026, les grandes lignes sont inchangées mais figées : la loi de finances a gelé les abattements et le barème jusqu'en 2028, ce qui constitue un alourdissement indirect puisque l'inflation n'est pas prise en compte. Voici les repères essentiels :
Le barème progressif des droits en ligne directe s'applique après abattement :
| Part nette taxable (après abattement) | Taux applicable |
|---|---|
| Jusqu'à 8 072 € | 5 % |
| De 8 072 € à 12 109 € | 10 % |
| De 12 109 € à 15 932 € | 15 % |
| De 15 932 € à 552 324 € | 20 % |
| De 552 324 € à 902 838 € | 30 % |
| De 902 838 € à 1 805 677 € | 40 % |
| Au-delà de 1 805 677 € | 45 % |
Pour le détail officiel du calcul, le CGP peut renvoyer au portail Service-Public.fr sur les droits de succession. Pour aller plus loin sur la répartition entre héritiers, voir notre guide sur les droits de succession en multi-héritiers.
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Anticiper, c'est exploiter le temps comme un levier fiscal. Plus la transmission est préparée tôt, plus le client peut répéter les abattements et transmettre une part importante de son patrimoine sans droits. Voici les principaux outils à combiner :
Le barème de l'usufruit (article 669 du CGI) est central pour calibrer un démembrement. Plus le donateur est jeune, plus la valeur de la nue-propriété transmise est faible :
| Âge de l'usufruitier (donateur) | Valeur de l'usufruit | Valeur de la nue-propriété |
|---|---|---|
| 51 à 60 ans | 50 % | 50 % |
| 61 à 70 ans | 40 % | 60 % |
| 71 à 80 ans | 30 % | 70 % |
| 81 à 90 ans | 20 % | 80 % |
Exemple : un client de 65 ans qui donne la nue-propriété d'un bien valorisé 300 000 € ne transmet fiscalement que 60 %, soit 180 000 €. Après l'abattement de 100 000 €, l'assiette taxable tombe à 80 000 €. Au décès, l'usufruit s'éteint et l'enfant devient plein propriétaire sans droits supplémentaires. Pour approfondir, lisez notre guide dédié à la donation en nue-propriété et au démembrement. Le choix de l'enveloppe (assurance-vie, immobilier, titres) dépend ensuite du profil : voir comment choisir l'enveloppe fiscale selon le profil client.
Tous les clients n'anticipent pas. Lorsqu'un décès survient sans transmission organisée, le CGP n'est pas pour autant démuni : plusieurs leviers post-mortem permettent d'optimiser la dévolution et la fiscalité dans le délai de dépôt de la déclaration de succession.
Ces arbitrages exigent de la rigueur documentaire et une bonne coordination avec le notaire. Le CGP qui dispose d'une vision consolidée du patrimoine — actifs, contrats, bénéficiaires — sécurise considérablement le conseil délivré aux héritiers.
Prenons un client veuf de 70 ans, disposant d'un patrimoine de 600 000 € et d'un enfant unique. Le tableau ci-dessous illustre l'écart entre une succession subie et une transmission anticipée (estimations indicatives, hors situation patrimoniale spécifique) :
| Levier | Sans anticipation (« après ») | Avec anticipation (« avant ») |
|---|---|---|
| Abattement 100 000 € | Utilisé une seule fois au décès | Renouvelé (donation + succession à 15 ans d'écart) |
| Démembrement | Aucun | Nue-propriété transmise, droits sur une fraction |
| Assurance-vie (avant 70 ans) | Selon contrats existants | 152 500 € exonérés par bénéficiaire |
| Don familial (art. 790 G) | 0 € | 31 865 € supplémentaires |
| Droits estimés sur 600 000 € | ≈ 98 000 € | ≈ 0 à 30 000 € |
Sans anticipation, l'enfant reçoit 600 000 €, dont on déduit l'abattement de 100 000 €, soit une assiette taxable de 500 000 € et environ 98 000 € de droits. Avec une stratégie combinant donation, démembrement et assurance-vie déployée suffisamment tôt, ces droits peuvent être réduits à une fraction de ce montant, voire annulés. L'écart — plusieurs dizaines de milliers d'euros — est l'argument le plus convaincant pour inciter un client à agir maintenant.
Construire une stratégie de transmission demande de croiser de nombreuses données : composition du patrimoine, âge du client, bénéficiaires, contrats existants, objectifs familiaux. La Suite Majors® centralise ces informations et accélère chaque étape du conseil :
L'objectif n'est pas de remplacer l'expertise du conseiller, mais de lui faire gagner du temps sur les calculs et la rédaction, pour qu'il se concentre sur la relation et les arbitrages stratégiques. La Suite Majors® complète et intelligentise vos outils existants, sans rupture dans vos habitudes.
Une stratégie de transmission se documente dans le devoir de conseil. Conservez la trace des hypothèses retenues et des options présentées au client : c'est une protection en cas de contrôle ou de contestation des héritiers.
Même bien intentionnée, une stratégie de succession peut être fragilisée par quelques erreurs classiques. En voici les principales à signaler à vos clients :
Le CGP peut s'appuyer sur les textes de référence — par exemple le barème de l'article 669 du CGI sur Légifrance — pour sécuriser ses calculs et justifier ses préconisations.
Tester la Suite Majors® Consulter le supportL'assistant succession me permet de présenter deux scénarios chiffrés en rendez-vous, donation contre statu quo. Le déclic est immédiat chez le client quand il voit l'écart de droits.
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La réussite d'une transmission se joue avant tout sur le calendrier. La stratégie « avant » — donation, démembrement, assurance-vie, don familial — reste la voie royale pour réduire, voire annuler, les droits de succession en multipliant les abattements dans le temps. La stratégie « après » n'est pas une fatalité : options du conjoint, cantonnement, renonciation et assurance-vie offrent encore de réelles marges d'optimisation.
Pour le CGP, la valeur ajoutée tient à la capacité à chiffrer ces scénarios et à documenter le conseil. La Suite Majors® outille cette démarche de bout en bout : analyse patrimoniale, assistant succession et génération documentaire dans une seule plateforme, pensée pour les professionnels du patrimoine.
Pour aller plus loin : Modélisez l'assurance-vie en succession avec l'article 990 I.
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