Sortie PER en capital ou en rente : modéliser les scénarios avec votre client

Conseiller en gestion de patrimoine modélisant la sortie d'un PER en capital ou en rente

Au moment du départ à la retraite de votre client, une question structurante revient systématiquement : faut-il liquider le Plan d'Épargne Retraite (PER) en capital, en rente viagère, ou en combinant les deux ? La sortie d'un PER désigne le mode de récupération de l'épargne accumulée une fois l'âge de la retraite atteint. Ce choix est irréversible une fois enclenché pour la part concernée, et son impact fiscal, patrimonial et successoral peut se chiffrer en dizaines de milliers d'euros. Pour le conseiller en gestion de patrimoine, savoir modéliser ces scénarios chiffrés en rendez-vous est un véritable facteur de différenciation. Ce guide vous donne la méthode, les règles fiscales 2026 et un comparatif clé en main. Pour la phase d'épargne, complétez avec notre article sur le versement optimal sur le PER.

Capital, rente ou sortie mixte : les 3 options du PER

Depuis la loi PACTE, le PER individuel offre une liberté de sortie que les anciens contrats (PERP, Madelin) ne permettaient pas toujours. À la retraite, votre client dispose de trois modalités :

  • La sortie en capital : récupération de la totalité de l'épargne en une fois, ou en plusieurs retraits fractionnés étalés dans le temps. C'est l'option la plus souple et la plus choisie.
  • La sortie en rente viagère : conversion du capital en un revenu versé à vie par l'assureur. Le client sécurise un complément de pension garanti, mais abandonne la propriété du capital.
  • La sortie mixte : une partie en capital (pour un projet, solder un crédit ou aider les enfants) et l'autre convertie en rente. C'est souvent le compromis le plus équilibré.

En pratique, environ 70 % des épargnants optent pour le capital, contre près de 20 % pour la rente et 10 % pour une sortie mixte. Mais ce réflexe majoritaire n'est pas toujours le plus pertinent : tout dépend du besoin de revenus, de la fiscalité du foyer et de l'horizon de vie. Avant même la liquidation, un calcul du gap de revenus à la retraite permet de calibrer le besoin réel.

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Fiscalité de la sortie en capital

La fiscalité de la sortie en capital dépend directement du choix fait à l'entrée : les versements ont-ils été déduits du revenu imposable ou non ? C'est le point de départ de tout raisonnement.

Cas n°1 — versements déduits à l'entrée (le plus fréquent). Le capital se décompose en deux parts traitées différemment :

  • La part « versements » : imposée au barème de l'impôt sur le revenu, sans l'abattement de 10 % applicable aux pensions. Elle n'est pas soumise aux prélèvements sociaux.
  • La part « plus-values » (gains) : soumise au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 %, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux.

Cas n°2 — versements non déduits. Si votre client a renoncé à l'avantage fiscal à l'entrée, la part « versements » sort en franchise d'impôt, et seule la part de plus-values supporte le PFU de 30 %. C'est typiquement le profil d'un client faiblement imposé pendant la phase d'épargne.

Point d'attention pour le CGP : un retrait en capital intégral peut faire bondir la tranche marginale d'imposition (TMI) l'année de la liquidation. Fractionner les retraits sur plusieurs années permet souvent de lisser la pression fiscale. Pour rafraîchir les seuils, consultez notre article sur la TMI à 30 % ou 41 % et les leviers de défiscalisation. Les règles détaillées sont consultables sur le portail Service-Public.fr dédié au PER.

Fiscalité de la sortie en rente viagère

La rente viagère obéit à une logique fiscale différente, qui dépend là encore du régime des versements.

Versements déduits : la rente relève du régime des rentes viagères à titre gratuit (RVTG). Elle est imposée au barème de l'impôt sur le revenu comme une pension de retraite, après abattement de 10 %. Les prélèvements sociaux ne portent toutefois que sur une fraction de la rente déterminée par l'âge du crédirentier au moment de l'entrée en jouissance.

Versements non déduits : la rente relève du régime des rentes viagères à titre onéreux (RVTO). Seule une fraction de la rente est imposable au barème, fraction qui diminue avec l'âge de liquidation :

Âge du client à la liquidation Fraction imposable de la rente (RVTO)
Moins de 50 ans70 %
De 50 à 59 ans50 %
De 60 à 69 ans40 %
À partir de 70 ans30 %

La conséquence est claire : plus le client liquide tard, plus la fraction imposable est faible. Le détail du mécanisme figure dans la fiche officielle sur la déclaration des rentes viagères. Pensez aussi à intégrer la réversion éventuelle au profit du conjoint, qui réduit le montant de la rente mais sécurise le foyer.

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Capital ou rente : le comparatif chiffré

Pour arbitrer, le CGP doit raisonner au-delà de la seule fiscalité immédiate et raisonner en valeur actualisée sur la durée de vie estimée. Voici une synthèse des forces et faiblesses de chaque option :

Critère Sortie en capital Sortie en rente viagère
Liquidité & souplesse Maximale : le client garde la maîtrise du capital Nulle : capital aliéné, revenu figé
Protection contre la longévité Risque d'épuisement si la vie se prolonge Revenu garanti à vie, quel que soit l'âge
Fiscalité à la sortie Barème IR sur versements + PFU 30 % sur gains Barème IR après abattement (RVTG) ou fraction taxable (RVTO)
Transmission au décès Capital résiduel transmis aux héritiers Rente perdue (sauf option réversion ou annuités garanties)
Pilotage du risque fiscal Lissable par retraits fractionnés Imposition annuelle récurrente
Profil idéal Patrimoine déjà constitué, objectif transmission Peu d'autres revenus, besoin de sécurité, bonne santé

Le point d'équilibre (break-even) est l'indicateur central : il faut généralement 20 à 25 ans de versement pour récupérer le capital converti en rente. Pour une liquidation autour de 65 ans, le seuil de rentabilité se situe souvent entre 82 et 90 ans selon le taux de conversion de l'assureur et la fiscalité. Autrement dit, la rente n'est gagnante que pour un client en bonne santé doté d'une espérance de vie longue, ou qui valorise avant tout la sécurité d'un revenu garanti. Pour situer le PER face à l'autre grande enveloppe, appuyez-vous sur notre comparatif PER ou assurance-vie.

Quel choix selon le profil client ?

Il n'existe pas de réponse unique : le bon arbitrage découle du profil patrimonial du client. Voici quelques cas types rencontrés en cabinet :

  1. Cadre supérieur, patrimoine diversifié, objectif transmission : la sortie en capital fractionnée est souvent optimale. Elle préserve le capital pour les héritiers et permet de lisser l'imposition sur plusieurs exercices.
  2. Retraité aux revenus modestes, peu d'épargne de précaution : la rente viagère (éventuellement avec réversion) sécurise un socle de revenus et protège contre le risque de longévité.
  3. Profession libérale ayant beaucoup déduit, TMI élevée maintenue à la retraite : attention, la sortie en capital sur les versements déduits peut être lourdement taxée. Le fractionnement ou une part de rente devient pertinent.
  4. Client en santé fragile : la rente est rarement opportune (break-even non atteint) ; privilégier le capital, transmissible.
  5. Besoin ponctuel de liquidité (projet immobilier, aide aux enfants) : la sortie mixte répond au besoin immédiat tout en sécurisant une partie en revenu garanti.

Dans tous les cas, l'arbitrage doit être tracé et justifié dans le rapport de préconisation, au titre du devoir de conseil. C'est une exigence de l'AMF que de documenter l'adéquation de la recommandation au profil et aux objectifs du client.

Modéliser les scénarios avec le bon outil

Présenter trois scénarios chiffrés (capital, rente, mixte) sur un tableau clair transforme un rendez-vous technique en décision éclairée pour le client. Mais le faire à la main, sous Excel, est chronophage et source d'erreurs. C'est précisément là que la Suite Majors® intervient :

  • Recueil patrimonial centralisé : âge, TMI, autres revenus, état de santé et objectifs sont déjà saisis dans la fiche client.
  • Simulateur d'impôt sur le revenu intégré : mesure instantanément l'impact d'un retrait en capital sur la TMI de l'année.
  • Assistant fiscal IA : compare les régimes RVTG/RVTO et propose le scénario le plus avantageux selon le profil.
  • Rapport de préconisation éditable : les scénarios sont restitués dans un document professionnel, traçable et conforme au devoir de conseil.

Le conseiller reste maître de la décision : l'IA accélère le calcul et fiabilise la justification réglementaire, sans jamais se substituer à l'analyse du professionnel. Pour aller plus loin sur la projection de revenus, consultez notre méthode pour estimer la retraite d'un client en rendez-vous.

Conclusion : un arbitrage qui se modélise, jamais qui s'improvise

Le choix entre capital, rente et sortie mixte du PER engage le client sur des décennies. Capital pour la souplesse et la transmission, rente pour la sécurité et la longévité, mixte pour concilier les deux : la bonne réponse dépend de la fiscalité du foyer, de l'horizon de vie et des objectifs patrimoniaux. Le rôle du CGP est de chiffrer chaque scénario, d'en présenter les conséquences nettes et de tracer sa recommandation.

Avec un outil comme la Suite Majors®, cette modélisation devient l'affaire de quelques minutes — au bénéfice de la qualité du conseil et de la satisfaction client.

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Ce que disent nos utilisateurs

Présenter à mon client les trois scénarios de sortie PER chiffrés côte à côte, c'est ce qui a emporté la décision. Avec Majors, je prépare ça en dix minutes au lieu d'une demi-journée sous Excel.

Thomas R. CGP-CIF — spécialiste retraite

Questions fréquentes sur la sortie du PER

La sortie en capital est privilégiée par environ 70 % des épargnants car elle offre liquidité et souplesse : le client garde la maîtrise de son capital et peut le réinvestir ou le transmettre. La rente viagère sécurise un revenu à vie et protège contre le risque de longévité, mais n'est financièrement avantageuse que si le client vit nettement au-delà de son espérance de vie. Le bon choix dépend du besoin de revenu, de la TMI, de l'état de santé et des objectifs de transmission.

Pour un PER alimenté par des versements déduits à l'entrée, la part correspondant aux versements est imposée au barème de l'impôt sur le revenu (sans abattement de 10 %), tandis que la part de plus-values est soumise au prélèvement forfaitaire unique de 30 % (12,8 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux). Si les versements n'ont pas été déduits, seule la part de gains est taxée au PFU.

Pour des versements déduits, la rente relève du régime des rentes viagères à titre gratuit (RVTG) : elle est imposée au barème de l'impôt sur le revenu comme une pension, après abattement de 10 %. Les prélèvements sociaux s'appliquent sur une fraction de la rente déterminée selon l'âge du crédirentier au moment de la liquidation (par exemple 40 % entre 60 et 69 ans, 30 % à partir de 70 ans).

Il faut généralement 20 à 25 ans de versement pour récupérer le capital converti en rente. Pour une liquidation autour de 65 ans, le point d'équilibre se situe souvent entre 82 et 90 ans selon le taux de conversion et la fiscalité. La rente n'est donc gagnante que pour les clients en bonne santé avec une espérance de vie longue, ou qui valorisent avant tout la sécurité d'un revenu garanti à vie.

Oui, la sortie mixte est possible : le client retire une partie en capital (par exemple pour un projet ou pour solder un crédit) et convertit le reste en rente viagère afin de sécuriser un socle de revenus garantis. C'est souvent la solution la plus équilibrée, à modéliser au cas par cas avec un simulateur pour mesurer l'impact fiscal de chaque part.

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Pour aller plus loin

La sortie du PER n'est qu'une étape d'une stratégie retraite globale. En amont, le calibrage des versements et le choix de l'enveloppe conditionnent largement l'optimisation finale. Un conseil de qualité repose sur une donnée client structurée et des scénarios chiffrés présentés clairement.

La Suite Majors® réunit recueil patrimonial, simulateurs et assistants IA pour accompagner le CGP de la phase d'épargne jusqu'à la liquidation, tout en sécurisant le devoir de conseil.

Pour aller plus loin : PER ou assurance-vie : produire un comparatif chiffré pour votre client.

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