Profil de risque MiFID II : méthode CGP simplifiée
Distinguez tolérance au risque et capacité à subir des pertes. Méthode CGP en 7 étapes avant chaque...
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Un produit structuré est un titre de créance dont le remboursement et la rémunération dépendent d'une formule contractuelle définie à l'avance et indexée sur un sous-jacent — le plus souvent un indice actions. Il n'est ni un fonds, ni une obligation classique : c'est une combinaison d'une composante obligataire et d'une composante optionnelle, assemblée par une banque émettrice. Pour un CGP, c'est un outil d'allocation redoutablement efficace… et l'un des rares produits où la qualité de la documentation du conseil pèse autant que la qualité de la sélection. L'étude publiée le 22 juin 2026 par le Pôle commun ACPR-AMF l'a rappelé sans détour. Ce guide vous donne la méthode pour préconiser, expliquer et tracer, en cohérence avec votre rapport d'adéquation.
Derrière la plaquette commerciale, la mécanique est toujours la même. L'émetteur construit le produit à partir de deux briques :
De cette architecture découlent les paramètres que votre client doit comprendre, et que vous devez savoir reformuler en une phrase chacun :
Trois familles doivent être distinguées explicitement devant le client : le produit garanti (100 % du capital restitué à l'échéance, hors défaut de l'émetteur), le produit protégé (capital préservé tant que la barrière n'est pas franchie) et le produit non garanti (perte en capital possible dès le premier euro de baisse). Confondre les deux premiers est l'origine d'une large part des réclamations en la matière.
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Le Pôle commun ACPR-AMF a publié le 22 juin 2026 la synthèse d'une étude portant sur l'ensemble de la chaîne de distribution des produits structurés commercialisés entre 2023 et le premier semestre 2025. C'est la première fois que les deux autorités documentent conjointement la distribution, les frais et les performances de ces produits en France.
Les points saillants pour un cabinet :
L'analyse de marché publiée un an plus tôt par le même Pôle commun donnait déjà le contexte : une collecte brute passée d'environ 23 milliards d'euros en 2021 à près de 42 milliards en 2023, dont environ 80 % logés en assurance-vie contre 20 % en compte-titres. Sur 2021-2023, moins de 1 % des produits remboursés avaient enregistré une perte en capital, avec un rendement annuel médian brut de l'ordre de 6 à 7 % — une performance obtenue dans un contexte de marché haussier, qui ne préjuge en rien des suivantes.
Autrement dit : le produit n'est pas mis en cause, la qualité du processus de distribution l'est. C'est une différence de nature, et elle vous concerne directement en tant que dernier maillon de la chaîne. Vous pouvez consulter la synthèse officielle publiée par l'AMF.
Un client qui a compris les six points suivants ne réclamera pas. Un client qui n'en a compris que trois réclamera au premier scénario défavorable. Voici la trame à dérouler systématiquement :
| Risque | Ce qu'il faut dire au client | Preuve à conserver |
|---|---|---|
| Perte en capital | La barrière de protection est conditionnelle : sous ce seuil à l'échéance, la perte est proportionnelle à la baisse du sous-jacent. | Scénario défavorable chiffré, daté et signé |
| Risque émetteur | Vous détenez un titre de créance : en cas de défaut de la banque émettrice, la formule ne s'applique plus. | Notation de l'émetteur remise avec le DIC |
| Liquidité | La sortie avant l'échéance se fait à la valeur de marché, potentiellement très inférieure au nominal. | Mention explicite dans le rapport d'adéquation |
| Rappel anticipé | Le produit peut s'arrêter au bout d'un an : il faudra alors réinvestir, sans garantie de retrouver les mêmes conditions. | Stratégie de réemploi documentée |
| Worst-of / sous-jacent | Sur un panier, c'est la pire ligne qui décide. Un indice à décrément intègre un prélèvement forfaitaire annuel. | Fiche produit annotée, questionnaire de connaissance |
| Frais | Les frais sont intégrés dans la formule : ils réduisent le potentiel de coupon, même s'ils n'apparaissent pas sur le relevé. | Ventilation coût produit / coût service |
Le réflexe qui protège le cabinet : faire reformuler le client. Une phrase de sa main, ou un enregistrement de rendez-vous horodaté, vaut mieux que trois pages de mentions préimprimées. C'est aussi ce que permet le suivi structuré des obligations clients dans un outil métier.
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La position-recommandation AMF DOC-2010-05 encadre depuis quinze ans la commercialisation des instruments financiers complexes auprès de la clientèle non professionnelle. Elle repose sur quatre critères permettant d'apprécier le risque de mauvaise commercialisation : la présentation du produit, son caractère inhabituel (sous-jacents difficiles à appréhender comme la volatilité ou la corrélation), un profil de gain ou de perte soumis à la réalisation simultanée de plusieurs conditions, et le nombre de mécanismes intervenant dans la formule. Le texte est consultable sur le site de l'AMF.
À cette doctrine se superposent les obligations issues de MiFID II et de la DDA en assurance-vie. Concrètement, votre dossier doit établir quatre choses, dans cet ordre :
Un principe simple guide l'ensemble : plus le produit est sophistiqué, plus le niveau de conseil exigé est élevé. Un produit simple mal documenté passe ; un produit complexe mal documenté ne passe pas.
Un produit structuré ne se juge jamais isolément mais dans l'ensemble du contrat. Une poche de 10 à 20 % au sein d'une allocation diversifiée n'appelle pas la même justification qu'une allocation concentrée à 60 % sur trois produits autocall corrélés au même indice. Notre guide fonds euros ou unités de compte détaille la construction de cette allocation.
C'est le sujet sur lequel les deux autorités ont été les plus directes. Les frais d'un produit structuré ne sont pas prélevés visiblement : ils sont intégrés dans la construction du produit, donc invisibles sur le relevé du client, alors même qu'ils réduisent mécaniquement le coupon distribuable ou le niveau de la barrière obtenue.
L'écart relevé entre 1,20 % et 13,16 % de coût d'entrée total sur les 51 produits étudiés n'est pas anodin : à structure comparable, deux clients peuvent payer dix fois plus cher selon le canal de distribution. Le Pôle commun ne fixe pas de plafond, mais attend une information claire, exacte et non trompeuse, avec une ventilation nette entre coûts du produit et coûts du service.
La pratique de cabinet qui met à l'abri consiste à formaliser une politique interne écrite, appliquée à tous les dossiers :
Ce dernier point est explicitement attendu par les autorités. Un dossier où l'on ne trouve aucune trace de suivi après la souscription raconte, en creux, un conseil ponctuel motivé par la commission — quelle que soit la réalité de votre pratique.
Voici la chaîne de pièces à réunir pour chaque souscription de produit structuré. Elle constitue votre défense en cas de contrôle AMF comme en cas de réclamation.
Un cabinet gérant 150 clients dont un tiers détient des produits structurés produit ainsi plusieurs centaines de pièces par an. Sans outil, cette chaîne se reconstitue à la main, dossier par dossier, au moment précis où l'on n'a pas le temps de le faire.
La Suite Majors® a été conçue pour que cette chaîne se constitue au fil de l'eau, sans double saisie :
L'objectif n'est pas de remplacer votre jugement : la sélection du produit, la lecture du marché et l'arbitrage restent les vôtres. L'outil prend en charge la partie qui vous coûte du temps sans créer de valeur pour le client — l'assemblage et la conservation des preuves.
Tester la Suite Majors® Consulter le supportAprès l'étude du Pôle commun, j'ai repris mes 40 dossiers avec des produits structurés. En deux jours, j'avais reconstitué toute la chaîne documentaire depuis Majors. À la main, j'y aurais passé trois semaines.
La Suite Majors® est accessible dès 50 €/mois, sans engagement. Le modèle tarifaire est flexible et basé sur le nombre de clients suivis. Une période d'essai gratuite, sans carte bancaire, est disponible pour découvrir la plateforme.
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Les produits structurés resteront un outil d'allocation pertinent pour les CGP : ils apportent un profil de rendement lisible dans des marchés incertains, et l'étude du Pôle commun ne remet pas en cause leur utilité. Ce qu'elle remet en cause, c'est l'écart entre la sophistication des formules et la légèreté de certaines pratiques de commercialisation.
La ligne de partage est simple. Un cabinet qui sait produire, pour chaque souscription, le marché cible confronté au profil, le scénario défavorable chiffré, la ventilation des frais et la trace du suivi ne craint ni un contrôle ni une réclamation. Un cabinet qui ne le peut pas se retrouve à défendre a posteriori un conseil qu'il a pourtant correctement donné.
La Suite Majors® automatise cette chaîne de preuve pour que la rigueur documentaire cesse d'être un coût et redevienne une conséquence naturelle de votre méthode de travail.
Pour aller plus loin : Le guide MiFID II 2026 pour les CGP.
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