Estimer la retraite d'un client en rendez-vous : méthode CGP
Comment calculer rapidement la retraite estimée de votre client lors d'un entretien patrimonial...
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La question de l'âge optimal de départ à la retraite est l'une des plus fréquentes lors des rendez-vous patrimoniaux. Entre le départ anticipé à 62 ans, le départ à l'âge légal de 64 ans et l'attente du taux plein automatique à 67 ans, les implications financières sont considérables et durables. Dans un contexte de réforme suspendue et d'incertitudes législatives, le conseiller en gestion de patrimoine (CGP) joue un rôle déterminant pour aider son client à comparer objectivement ces trois scénarios et à construire la stratégie de revenus complémentaires adaptée. Ce guide vous donne une méthode complète pour structurer cette analyse en rendez-vous, en lien avec notre article sur l'estimation de la retraite en rendez-vous client.
La Suite Majors® intègre un assistant IA retraite qui calcule automatiquement les scénarios de départ à différents âges, estime le gap de revenus et propose les solutions d'épargne adaptées au profil de chaque client. Découvrir la Suite Majors →
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a entériné la suspension de la réforme des retraites de 2023 jusqu'à janvier 2028. Concrètement, cela modifie le calendrier de relèvement progressif de l'âge légal selon les générations. Voici le cadre applicable pour vos clients en 2026 :
| Génération | Âge légal de départ (2026) | Trimestres requis pour le taux plein |
|---|---|---|
| Avant 1961 | 62 ans | 166 à 168 trimestres |
| 1961 | 62 ans et 3 mois | 169 trimestres |
| 1962 | 62 ans et 6 mois | 169 trimestres |
| 1963 | 62 ans et 9 mois | 170 trimestres |
| 1964 | 63 ans | 171 trimestres |
| 1965 et après | 63 à 64 ans (en cours de révision) | 172 trimestres (43 ans) |
À cela s'ajoute l'âge du taux plein automatique, fixé à 67 ans pour tous, quelle que soit la génération et le nombre de trimestres validés. Ce repère est fondamental dans la comparaison des scénarios.
Avant de rentrer dans le détail de chaque scénario, rappelons que la pension de retraite de base est calculée selon la formule : Salaire annuel moyen des 25 meilleures années × Taux de liquidation × (Durée cotisée / Durée de référence). Le taux de liquidation est de 50 % au taux plein. Toute décote ou surcote vient modifier ce taux.
Partir à 62 ans est le choix de la liberté retrouvée, mais il a un coût financier important si le client n'a pas réuni le nombre de trimestres requis pour le taux plein. Voici les cas où ce départ est possible sans pénalité :
En revanche, si le client n'entre dans aucune de ces catégories et qu'il lui manque des trimestres, chaque trimestre manquant coûte 0,625 % de décote permanente, dans la limite de 20 trimestres (soit une réduction maximale de 12,5 % de la pension). Cette décote est définitive — elle ne disparaît pas avec le temps — et s'applique à la fois sur la pension de base et, de manière indirecte, sur la retraite complémentaire (AGIRC-ARRCO).
Pour un client avec un Salaire Annuel Moyen (SAM) de 40 000 € : la pension brute au taux plein serait de 20 000 €/an. Avec 8 trimestres manquants, la décote représente 5 % → pension réduite à 19 000 €/an. Sur 20 ans de retraite, cela représente un manque à gagner de 20 000 €.
Le départ à 64 ans correspond à l'âge légal cible issu de la réforme des retraites pour les générations nées à partir de 1968 (en vigueur après 2028). C'est aujourd'hui le scénario qui représente le meilleur équilibre pour la majorité des salariés du secteur privé ayant effectué une carrière continue.
À 64 ans, le client a généralement validé une part plus importante de ses trimestres requis. Si la durée de cotisation est atteinte, il part au taux plein de 50 % sans décote. C'est le scénario de base pour le conseil retraite d'un cadre ou d'un salarié né entre 1964 et 1967.
La pension est calculée sur le salaire annuel moyen des 25 meilleures années (secteur privé). Plus le client travaille longtemps, plus ses meilleures années peuvent être récentes — et généralement plus élevées. Ce point renforce l'intérêt de repousser le départ pour les profils à évolution de carrière tardive.
Entre 64 et 67 ans, le cumul emploi-retraite partiel est possible dans la limite d'un plafond d'environ 7 000 €/an de revenus professionnels. Au-delà, la pension peut être réduite à hauteur de 50 % du dépassement. Cette règle est importante à connaître pour les clients qui envisagent une activité réduite après la retraite.
Pour les dirigeants et TNS, la question de l'âge de départ est encore plus stratégique : elle est intimement liée à la liquidation de leur entreprise ou à la transmission, qui détermine une part importante de leur revenu futur. Consultez notre guide sur la retraite des TNS et le calcul du taux de remplacement.
La Suite Majors® calcule en quelques secondes le montant estimé de la pension à 62, 64 ou 67 ans, identifie le gap de revenus et propose les enveloppes d'épargne adaptées à chaque profil. Dès 50 €/mois, sans engagement.
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À 67 ans, tout assuré bénéficie du taux plein automatique, quelle que soit sa durée de cotisation. C'est l'âge du taux plein légal universel, prévu à l'article L. 351-8 du Code de la Sécurité sociale. Ce scénario est particulièrement pertinent pour :
Reprenons notre exemple : pour un client avec un SAM de 40 000 € et 160 trimestres validés à 67 ans (au lieu des 172 requis), il obtient malgré tout le taux plein de 50 % grâce à l'âge. Sa pension de base serait de 20 000 €/an contre 17 778 €/an s'il était parti à 64 ans avec décote. La différence sur 15 ans de retraite représente plus de 33 000 € d'écart.
Si, en revanche, ce client a déjà ses 172 trimestres et continue de travailler jusqu'à 67 ans uniquement pour la surcote, il accumule des trimestres supplémentaires qui majorent encore sa pension. Le calcul est à mettre en regard de l'espérance de vie, du niveau de revenus prévisibles et du coût d'opportunité d'un départ différé.
La comparaison ne peut pas se limiter au montant de la pension mensuelle. Il faut intégrer la durée totale de perception et l'impact sur les revenus complémentaires (PER, assurance-vie, SCPI). Voici un exemple chiffré pour un client né en 1963, cadre, SAM estimé à 42 000 €, avec 162 trimestres validés à 62 ans :
| Scénario | Âge départ | Trimestres manquants | Taux effectif | Pension annuelle estimée | Durée de perception (jusqu'à 85 ans) | Total brut cumulé |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Départ anticipé | 62 ans | 8 trimestres | 45 % (décote 5 %) | 18 900 €/an | 23 ans | 434 700 € |
| Départ légal | 64 ans | 2 trimestres | 48,75 % (décote 1,25 %) | 20 475 €/an | 21 ans | 429 975 € |
| Taux plein auto | 67 ans | 0 (taux plein auto) | 50 % | 21 000 €/an | 18 ans | 378 000 € |
Dans cet exemple, le départ à 62 ans maximise le cumul total sur 23 ans malgré une pension plus faible — à condition que le client soit en bonne santé. À l'inverse, si l'espérance de vie est plus longue ou si le client manque de ressources intermédiaires, repousser le départ peut être plus avantageux. Ce calcul illustre l'importance de la personnalisation absolue du conseil retraite.
Il est essentiel de rappeler que ce tableau ne prend en compte que la pension de base du régime général. La retraite complémentaire AGIRC-ARRCO obéit à ses propres règles (points acquis, coefficient d'abattement si départ avant l'âge de taux plein complémentaire fixé à 67 ans ou après 3 ans de dépassement de l'âge légal). Selon l'Assurance Retraite, le taux de remplacement global (base + complémentaire) d'un cadre du secteur privé oscille entre 50 % et 70 % selon sa carrière.
En tant que CGP, votre valeur ajoutée ne réside pas seulement dans le calcul des pensions — les simulateurs publics comme Info-retraite.fr permettent déjà d'obtenir une estimation. Elle réside dans la mise en perspective patrimoniale complète : quel gap de revenus le scénario retenu génère-t-il ? Quels actifs mobiliser pour le combler ?
Une méthode en 5 étapes pour structurer votre rendez-vous :
Produire un comparatif de scénarios retraite manuellement — en jonglant entre relevés de carrière, barèmes CNAV, règles AGIRC-ARRCO et hypothèses de rendement des enveloppes — est une tâche longue et source d'erreurs. La Suite Majors® rationalise cette démarche grâce à l'assistant IA retraite intégré :
Pour les CGP gérant plusieurs dizaines de clients approchant de la retraite, cette automatisation représente un gain de temps considérable. Elle permet de traiter davantage de situations en moins de temps, tout en améliorant la qualité et la cohérence du conseil.
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La comparaison des scénarios de départ retraite à 62, 64 ou 67 ans est bien plus qu'un simple calcul d'âge. Elle engage la qualité de vie future de votre client, sa fiscalité, son besoin d'épargne complémentaire et sa stratégie de transmission. Un départ trop précoce avec décote peut sembler séduisant à court terme, mais générer un manque à gagner significatif sur 20 ans. À l'inverse, attendre 67 ans n'est pas toujours la meilleure solution si les ressources intermédiaires sont insuffisantes.
Le rôle du CGP est précisément de chiffrer ces scénarios, d'identifier le gap et de construire un plan d'épargne cohérent dès aujourd'hui. La Suite Majors® vous donne les outils IA pour le faire en quelques minutes, en rendez-vous, avec un document de conseil structuré et conforme à vos obligations.
Pour aller plus loin : Identifier le gap de revenus retraite et calibrer l'effort PER — Retraite d'un TNS : simuler le taux de remplacement.
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