Rapport d'adéquation CGP : contenu MiFID II et modèle 2026
Le rapport d'adéquation est obligatoire à chaque préconisation. Mentions MiFID II attendues, modèle...
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Le 30 octobre 2026, l'Autorité des marchés financiers a publié la synthèse d'une série de contrôles courts et thématiques (dits SPOT) consacrés aux communications faites aux clients sur les SCPI. Le constat est sévère : information sur les risques incomplète, supports commerciaux introuvables ou périmés, rapports d'adéquation standardisés, risque du crédit passé sous silence. Les quatre établissements contrôlés sont des prestataires de services d'investissement, mais les règles en cause sont celles du conseil en investissement. Elles s'appliquent aussi, dans les limites de leur régime, aux conseillers en investissements financiers (CIF). Voici ce que l'AMF a relevé, et ce qu'un cabinet de CGP a intérêt à vérifier dans ses dossiers SCPI dès maintenant.
Ces contrôles s'inscrivent dans les priorités de supervision 2025 de l'AMF. Ils ont porté sur quatre prestataires de services d'investissement agréés pour le conseil en investissement, de tailles et de modèles différents. Tous distribuaient des SCPI exclusivement dans le cadre du conseil.
Deux précisions de l'AMF à garder en tête. Le panel n'est pas représentatif de l'ensemble de la place. Et la synthèse ne constitue ni une position ni une recommandation : les « bonnes » et « mauvaises » pratiques décrivent ce que les contrôleurs ont observé. En revanche, les rappels réglementaires encadrés correspondent à des manquements constatés.
Aucun des quatre établissements ne remettait, avant le conseil, une information complète sur la nature et les risques des SCPI. Les documents étaient souvent transmis après la recommandation personnalisée, et la documentation du producteur était reprise telle quelle. Une mention générique sur la liquidité ne suffit plus une fois le risque matérialisé : le client doit comprendre les conditions de sortie, la possibilité d'une exécution partielle ou différée, la baisse du prix de part et les limites des fonds de remboursement.
Trois établissements sur quatre ne pouvaient pas prouver que les supports commerciaux avaient été remis au client, ni identifier la version utilisée. Chez l'un d'eux, les documents dataient de trois à quatre ans et étaient antérieurs aux baisses de prix. L'AMF rappelle que le distributeur reste responsable des supports produits par la société de gestion, y compris quand leur remise est facultative.
Chez les quatre établissements, les rapports d'adéquation étaient très standardisés et ne tenaient pas compte des différences entre SCPI. Ils mentionnaient rarement le contexte défavorable, la baisse de la valeur de part, les tensions de liquidité, ni la raison pour laquelle le produit restait adapté au client. Dans un établissement, de nombreuses souscriptions dépassaient les seuils internes de concentration, alors que le rapport concluait que le conseil respectait tous les critères et qu'une mention reportait sur le client la responsabilité de l'évaluation. Le commentaire de l'AMF est sans ambiguïté : une telle formulation est « incompatible avec la logique du conseil en investissement ». C'est le conseiller, pas le client, qui répond de l'adéquation.
Le contenu des questionnaires de connaissances n'avait changé dans aucun établissement. Un seul posait explicitement une question sur la faible liquidité des SCPI. Dans un autre, des clients qui avaient déclaré n'avoir aucune expérience des SCPI, ou à qui la question n'avait pas été posée, se sont vu recommander ces produits sans mise en garde spécifique.
Pour les souscriptions financées à crédit, deux établissements ne personnalisaient pas l'avertissement sur le risque du financement dans une partie des rapports d'adéquation : 40 % des dossiers concernés chez l'un, 20 % chez l'autre. L'AMF souligne que l'emprunt amplifie les pertes et les difficultés de sortie, et modifie donc le profil de risque. Elle l'avait déjà rappelé par courrier à l'ASPIM le 28 avril 2025.
Dans trois établissements sur quatre, l'implication de la conformité n'a pas été renforcée alors que le risque de mauvaise commercialisation augmentait. Le durcissement des règles de commercialisation n'a pas été accompagné de contrôles renforcés sur les conseils inadaptés. Enfin, le suivi des réclamations ne couvrait que les réclamations formellement enregistrées, sans dispositif pour repérer les insatisfactions non formalisées, et sans contrôle dédié aux SCPI.
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La synthèse ne fait pas que pointer des manquements. Les contrôleurs ont aussi observé des pratiques qui méritent d'être reprises en cabinet :
Un point de présentation commerciale est aussi rappelé : un argumentaire fondé sur le seul taux de distribution est insuffisant, car ce taux peut monter mécaniquement quand le prix de part baisse. L'AMF attend que l'on présente aussi des indicateurs globaux comme la performance globale annuelle et le taux de rendement interne.
Les établissements contrôlés sont des PSI, mais un CIF qui conseille des SCPI est soumis à la même logique. Les parts de SCPI sont des instruments financiers, et le CIF doit évaluer l'adéquation du conseil à son client (article L. 541-8-1 du code monétaire et financier, articles 325-7 et 325-8 du règlement général de l'AMF). La position-recommandation DOC-2006-23, mise à jour le 27 juillet 2026, précise que l'AMF applique aux CIF les orientations de l'ESMA sur l'adéquation (ESMA35-43-3172) « dans la limite des spécificités propres au régime des CIF ».
Concrètement, cela signifie pour un CIF :
La synthèse a aussi une portée au-delà de la supervision. Comme le relèvent plusieurs commentateurs, des épargnants ayant subi des pertes sur des SCPI peuvent s'appuyer sur ces constats pour interroger la qualité du conseil reçu, même si la synthèse ne prouve pas à elle seule la faute d'un distributeur donné. Un dossier client bien documenté est la meilleure protection du cabinet.
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Cette liste reprend les attentes rappelées par l'AMF dans sa synthèse. Elle peut servir de base à une revue rapide de vos dossiers ouverts depuis juillet 2023.
La plupart des manquements relevés par l'AMF ne viennent pas d'un mauvais conseil, mais d'un conseil mal tracé : un document remis sans preuve, un rapport recopié d'un dossier à l'autre, un crédit oublié. C'est précisément ce que la Suite Majors® structure dans le parcours client :
Pour aller plus loin sur la rédaction de ce document clé, consultez notre guide du rapport d'adéquation CGP.
La synthèse des contrôles SPOT sur les communications aux clients concernant les SCPI est datée du 30 octobre 2026 sur le site de l'AMF. Elle porte sur la période du 1er janvier 2022 au premier trimestre 2026.
Les quatre établissements contrôlés sont des prestataires de services d'investissement. Mais les constats portent sur l'adéquation du conseil, une obligation qui s'impose aussi aux CIF (article L. 541-8-1 du code monétaire et financier, articles 325-7 et 325-8 du règlement général de l'AMF). L'AMF applique aux CIF les orientations de l'ESMA sur l'adéquation, dans la limite des spécificités de leur régime (DOC-2006-23).
Ils étaient très standardisés, ne distinguaient pas les SCPI entre elles et mentionnaient rarement le contexte défavorable, la baisse de la valeur de part ou les tensions de liquidité. Une mention reportant sur le client la responsabilité de l'évaluation a été jugée incompatible avec la logique du conseil.
Oui. L'AMF rappelle que le financement par emprunt amplifie les pertes et les difficultés de sortie. Dans deux établissements, 40 % et 20 % des dossiers concernés ne comportaient pas d'avertissement personnalisé sur ce risque, ce qui a été relevé comme un manquement.
Non. L'AMF souligne que le taux de distribution peut monter mécaniquement quand le prix de part baisse. Elle attend que l'argumentaire présente aussi des indicateurs globaux comme la performance globale annuelle et le taux de rendement interne, ainsi que la valorisation, la liquidité, les frais, la durée de placement recommandée et les conditions de retrait.
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La synthèse de l'AMF ne crée pas de nouvelle règle : elle montre comment des règles connues ont été mal appliquées quand le marché des SCPI s'est retourné. Pour un cabinet de CGP, le message est clair : un conseil SCPI doit être informé avant, personnalisé dans sa justification et prouvé dans le dossier. Prendre une heure pour revoir les dossiers ouverts depuis juillet 2023 avec la checklist ci-dessus est un investissement modeste au regard du risque de contrôle ou de contentieux.
Pour aller plus loin : Rapport d'adéquation CGP : contenu, obligations et modèle.
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